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6 Grands rêves - Page 5

  • IL N'Y A PAS QUE JOSEPH QUI RÊVE...

     

    Il n’y pas que Joseph qui rêve…

     

    En ces temps de Noël, on se rappelle souvent les récits dans la Bible. J’aimerais regarder avec vous ce que l’Evangile de Mathieu raconte au sujet de Joseph et de son rêve, avant la naissance de l’enfant Jésus.

    Dans l’évangile selon Mathieu, au chapitre 1, verset 18 et 19, on lit :

    « Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus Christ.

    Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte par la vertu du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble.

      

     

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    Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de l’éloigner secrètement.

     

    Comme il y pensait, il reçut un rêve :

     

    Rêve

    Voici un ange du Seigneur lui apparut en rêve et dit :

    Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit.

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    Ainsi, dans la nuit l’ange apparaît en rêve, il vient indiquer l’attitude à adopter. Grâce à ce rêve, Joseph garde la jeune femme avec lui et la prend sous son toit, assumant ainsi, en homme de bien, l’éventuelle désapprobation de l’entourage.

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    C’est là une belle histoire, mais les rêves ou songes sont pour de saints personnages bibliques, et pas pour nous.

    Pas tout à fait ! Pas vraiment !

    J’ai envie de vous raconter maintenant un rêve qui vient encore de nos jours jouer le rôle de conseiller conjugal. C’est Adeline qui l’a reçu il y a quelques années.

    Circonstances du rêve.

    Adeline et Romain vivent depuis plusieurs années ensemble. Ils ont un petit garçon dont ils s’occupent avec amour. Mais la vie réserve bien des surprises et Romain vient de délaisser son foyer pour aller s’installer chez « une copine ». Adeline, révoltée, ne décolère pas. Et, quand Romain passe à l’appartement pour chercher du linge ou autres affaires, Adeline lui fait des scènes et déchaîne sa fureur.

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    Elle reçoit alors ce rêve qu’elle me confie :

    Rêve

    Je suis en voiture et descends une pente très raide. Je mets mon frein à main qui tient un moment puis lâche. La voiture glisse régulièrement sans que je puisse la retenir.

    En bas je vois une femme avec un landau.

     

    Interprétation

    Voilà ce que j’appelle un scénario catastrophe ! Voyons un peu :

     

    Je descends en voiture une pente très inclinée

    La voiture représente une façon mécanique d’avancer sur des voies toutes faites. Adeline en ce moment se comporte comme beaucoup dans sa situation : elle éprouve un fort penchant, elle est fortement encline à exprimer sa colère.

     

    Je mets mon frein à main qui tient un moment puis lâche

    L’image décrit l’attitude de la compagne trahie : dans un premier temps, elle a fait des efforts pour se freiner, ne pas montrer sa souffrance, ne pas donner libre cours à sa colère.

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    La voiture glisse régulièrement sans que je puisse la retenir

    Le rêve indique maintenant comment la situation peut empirer : dans un deuxième temps, elle n’arrive plus à se maîtriser, elle se laisse emporter.

    L’image suivante est à regarder alors avec grande attention :

     

    En bas je vois une femme avec un landau

    Il s’agit là d’une maman avec son bébé.

    Pourquoi le rêve donne-t-il cette image ? Que veut-elle dire ?

    Ne serait-ce pas l’indication d’un avenir potentiel ? Serait-il possible qu’Adeline et Romain aient un autre enfant plus tard ?

    Que va-t-il se passer si Adeline ne se refrène pas ? La voiture va dévaler la pente jusqu’en bas et écraser la maman avec le landau.

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     Quel est alors le message du rêve ?

    Il conseille à la jeune femme de faire bon visage et d’accueillir Romain calmement quand il passe. Les scènes qu’elle lui fait en ce moment risque de le faire fuir définitivement, alors qu’un bébé est promis à leur petite famille.

    Et Adeline a suivi le conseil de son rêve.  Romain est revenu quelques temps après. La vie en famille a repris.

     

    Rêve

    Et puis, une nuit, Adeline a vu un petit canard dans son rêve, qui s’annonçait avec un joyeux « coin coin ! »

    Et Renaud est venu dans ce monde.

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    Voilà aujourd’hui un rêve bien prosaïque apparemment. En fait, avec des images quotidiennes et banales, le rêve vient jouer avec Adeline le même rôle qu’avec Joseph.

    Il conseille de choisir l’attitude qui sauve le couple. Et pourquoi ? Mais c’est pour assurer la vie d’un couple et la vie d’un enfant à venir.

    Oui, le rêve est bien le gardien de la vie.

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    Adeline vient de vérifier mon récit, avant que je ne le dépose sur mon blog. Au souvenir de ses rêves elle m’a dit :

    « Peut-être l'annonciation existe t-elle pour chaque femme qui va être mère mais que nous ne le remarquons pas ? »
    Je vous laisse sur cette considération d’une profonde sensibilité, qui nous invite à accorder toujours plus d’attention à nos rêves.

     

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    En cette fin d’année, je vous souhaite de Joyeuses Fêtes de Noël et une Bonne Année 2010 !

    Que vos rêves vous accompagnent et vous gardent !

    Voilà ce que je vous souhaite aussi de tout cœur !

    Christiane

     

    Illustrations

    Je remercie les artistes dont les œuvres m’ont permis d’illustrer mon blog.

    Annonciation, de Fra Angelico

    Le songe de Joseph, du peintre allemand contemporain Hermann Eisenmenger

    Visite de Marie à sa famille :http://images-telerama.fr

    Romain et Adeline : www.ladepeche.fr

    Fureur : tele.tvmag.com

    En colère : http://uglysally.com

    Côte : pascal.kanalblog.net

    Freins qui lâchent 1 : www.dailymotion

    Freins qui lâchent 2 : www.canuvoxx.com

    Maman qui pousse le landau 1 : l’actrice Julia Roberts, www.gala.fr

    Maman qui porte son bébé : http://escalenature.fr

    Maman qui pousse son landau 2 : magma.romandie.com

    Le petit canard a grandi : http://75.img.v4.skyrock.net

    Annonciation :http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com

     

  • LE CHRIST BLESSE

     

    LE CHRIST BLESSE

    Le mois dernier, nous avons vu deux rêves qui montrent à deux rêveuses que la vie spirituelle, qu'elles prétendent mener l'une comme l'autre, les écarte en fait de leur véritable réalisation, de leur destin de femme sur la terre.

    Jung en a parlé à nombreuses reprises.

    Etienne Perrot a eu lui aussi à interpréter des rêves qui donnent le même conseil. 

    A mon tour, j'ai reçu des rêveurs et des rêveuses auxquels le rêve indiquait que la voie bouddhiste, telle qu'ils la suivaient, n'était pas celle qui leur convenait.

    A mon grand plaisir, Gayle Delaney, après avoir lu « L'éléphant blanc », est venue dernièrement sur mon blog confirmer cette constatation,. 

     

    « Brava, Christiane!
    Cette description du rêve et du commentaire qu'il fait sur un problème récurrent est très, très bien fait. Ca va sans dire quel plaisir ton beau français me donne en te lisant.
    Et tu as bien raison qu' il est commun pour certains adeptes des disciplines spirituelles, qui visent à la perfection, de rêver qu'ils essaient d'échapper à la vie émotive, à leur péril. En 35 ans de ma carrière de travail avec les rêves, j'ai rencontré pas mal de ces rêveurs, souvent chez les personnes fort connues dans leurs disciplines spirituelles.

     Merci, Christiane!
    Gaëlle »

    Ecrit par : Gayle (Gaëlle) Delaney | 06.02.2010

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    Ainsi les expériences de plusieurs interprètes de rêves, depuis maintenant un siècle, se conjuguent et attestent qu'actuellement, la voie de nos contemporains occidentaux, pour trouver le divin, n'est pas d'échapper mais au contraire d'adhérer aux contraintes de la vie terrestre, de porter la lourdeur de l'incarnation, de respecter  la vie du corps, d'accueillir les émotions positives aussi bien que négatives, celles de l'amour ou de la colère, celles de la vie amoureuse, celles du plaisir comme de la souffrance, au lieu de tenter de choisir les unes et d'exclure les autres.

    La voie bouddhiste suivie en Occident est-elle d'ailleurs vraiment celle de l'esprit du Bouddha ?

     

    Et qu'en est-t-il du christianisme ?

    Peut-on prétendre que cette voie spirituelle soit plus juste que la voie bouddhiste, telle qu'elle est comprise par les Occidentaux ?

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    Je n'ai aucune compétence à prétendre à toute affirmation générale. La seule chose que je puisse faire, c'est de vous raconter des rêves qui en parlent. Voici donc aujourd'hui le rêve étonnant d'une fillette.

     

    Rêve : J'ai su ce que c'était que l'amour

    C'est un rêve étrange. Je ne sais pas l'endroit.

    Un homme apparaît, il boite, il se traîne.

    Je sais que cet homme est blessé. C'est le Christ.

    Deux compagnons sont avec lui, ce sont les compagnons d'Emmaüs.

    Les compagnons se mettent chacun d'un côté du Christ, l'un place le bras gauche du Christ sur ses épaules, l'autre le bras droit. Le Christ peut ainsi poser son poids sur les épaules de ces deux hommes et avancer, ainsi porté, ainsi soutenu.

    Le Christ a été blessé lors d'un match de football, il a reçu un coup de pied dans la jambe.

    Je le vois avancer vers moi. Je sais que j'aurai à l'aider.

    Je le regarde et je vois son visage d'homme souffrant.

    Il me regarde et nos yeux se rencontrent, et il me fixe de ses yeux bleus, profonds, intenses,... l'amour m'enveloppe,...

    m'envahit,... me pénètre jusqu'à la moelle, tout mon être vibre et brûle. C'est indescriptible.

    J'ai su alors ce que c'était que l'amour.

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    Viviane, toute jeune, a vécu une expérience mystique qui la marquera pour toute sa vie. Comment encore prétendre, devant le récit de cette expérience, que le rêve n'est pas la voie royale où l'âme et le divin entrent en communication ?

     

    Passons à l'interprétation.

     

    Un homme apparaît, il boîte, il se traîne. Cet homme est blessé.

    Cet homme, dans le rêve de la petite fille, désigne sa force masculine, que Jung a appelée l'animus. L'image de l'homme, chez la femme, symbolise le principe masculin, qui pense, crée, organise, construit. Il déploie son énergie dans la matière pour la transformer et réaliser son projet. C'est le principe directeur, qui sous-tend toute pensée, tout choix, toute décision, toute action. Ce principe directeur est formé sous l'influence des idées et des opinions régnantes dans la famille et dans l'entourage.

    Le rêve indique d'emblée que ce dynamisme est blessé, dans le milieu environnant religieux, culturel et par voie de conséquence, dans la fillette également.

     

    Le Christ

    La fillette sait très bien qui est le Christ. Il est le fils de Dieu, de ce dieu dont il dit : « Dieu est Amour ». Or, que montre le rêve ? Le fils du dieu d'amour est blessé. Qu'en déduire d'autre, sinon que la manifestation divine de l'amour est blessée ?

     

    Le Christ a été blessé dans un match de football

    La fillette connaît vaguement ce jeu. Elle sait que les hommes aiment beaucoup y jouer. Divisés en deux équipes adverses, les joueurs courent et cherchent à envoyer un ballon avec le pied dans le but de l'adversaire. L'équipe qui marque le plus de buts a gagné.

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    Le ballon

    Ce ballon, le rond, le cercle, la boule sont des symboles de la totalité, de la divinité. Ce ballon est fabriqué. Il désigne une représentation élaborée, une conception humaine du divin.

     

    Le match de foot

    Cette rencontre évoque les échanges, les disputes qui ont lieu entre les adversaires, pour faire triompher leur équipe.

    L'image décrit ainsi la façon dont l'esprit masculin intellectuel s'est battu pour arriver à imposer une conception de la divinité plutôt qu'une autre. Cette image fait allusion aux disputes, aux guerres, qui au cours des siècles ont opposé les théologiens et les partis religieux. A coups de livres, de discours, d'arguments, lors de séminaires, de colloques, de congrès, de conciles, ils se sont acharnés à vouloir imposer un dogme ou une conception du divin et à condamner l'autre, à coups d' excommunications.

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    Au cours d'un de ces matchs, le Christ a reçu un coup de pied dans la jambe

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    Pour tenir debout, l'humain a besoin de ses deux jambes, la droite et la gauche qui maintiennent l'équilibre entre les contraires. Et le rêve montre que le dynamisme intérieur qui permettra à cette fillette de s'affirmer sur la terre a été cassé.

    Mais, je le rappelle, le scénario ne décrit pas seulement du cas de Viviane. Le rêve parle de façon générale de la représentation régnante, dans laquelle l'enfant grandit.

    Lors d'échanges, la lutte a porté un coup à l'image du dieu vivant parmi les hommes. La manifestation du dieu d'amour a été atteinte, cassée, mutilée. L'image du divin a perdu sa validité. Elle ne tient plus debout, elle ne tient pas la route. Elle est boiteuse, bancale. Son efficacité comme principe spirituel directeur s'en trouve affaiblie, handicapée, et beaucoup restreinte.

     

    L'image suivante va montrer comment porter l'image divine, pour lui rendre son efficacité.

    Deux compagnons sont avec le Christ, ce sont les pèlerins d'Emmaüs. Les compagnons se mettent chacun d'un côté, l'un place le bras gauche du Christ sur ses épaules, l'autre le bras droit. Le Christ peut ainsi poser son poids sur les épaules de ces deux hommes et avancer, ainsi porté, ainsi soutenu.

    Ceux qui portent le Christ et l'aident à avancer lui offrent, à droite et à gauche, un soutien qui remplace celui des jambes handicapées.

     

    Mais quel est donc cet équilibre perdu entre la droite et la gauche ? C'est l'équilibre entre tous les contraires, et  par exemple : le conscient et l'inconscient, l'esprit et le corps, le bien et le mal, le positif et le négatif, le masculin et le féminin, le rationnel et l'irrationnel, le blanc et le noir, la vie et la mort, et tous les contraires qui caractérisent la vie sur la terre.

    Cet équilibre est rétabli par les pèlerins d'Emmaüs

     

    Les pèlerins d'Emmaüs ?

    Ces deux hommes se rendaient au village d'Emmaüs, parlant avec chagrin de la mort du Christ qui venait d'être crucifié. Un compagnon de route se joignit à eux et ils l'invitèrent à passer la nuit chez eux.

    A table, l'homme prit du pain, il rendit grâce, rompit le pain et le leur donna.

     

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    Alors les deux compagnons reconnurent le Christ, qui disparut. Ils allèrent immédiatement retrouver les apôtres pour témoigner et dire : «  Le Christ est vivant, il était présent avec nous au dîner».

     

    Pourquoi le rêve choisit-il ces pèlerins d'Emmaüs ?

    J'ai longuement réfléchi à cette image, depuis que Viviane m'en a parlé.

    Je pense qu'une interprétation n'est pas à exclure, celle que nous donne la langue des oiseaux. Je sais qu'elle va en faire bondir certains, mais je resterai fidèle d'abord au rêve et ensuite à ma démarche logique, méthodique, consciencieuse, quitte à choquer. Mais ce n'est pas moi qui choque, c'est le rêve. Je ne suis que la traductrice.

    Ecoutons donc :

     

    Emmaüs.

    On entend d'abord « em », ...aime

    Ma ? Ema, aima...?

    Maüs ?....

    Ces dernières sonorités ne donnent rien. Continuons à écouter les syllabes.

    Aüs ? ...ha..üss... ?

    Haïsse, haïssent !

    Voilà, ces deux hommes sont ceux qui sont capables d'aimer et de haïr. Ce sont ceux là qui peuvent soutenir ce dynamisme défaillant du dieu d'amour chez la fillette et dans son entourage.

     

    Oh la la ! Quel message ! Quel paradoxe !

    Amour, soit, mais haine ? Comment peut-on haïr ?

    Peut être convient-il de s'interroger quelque peu sur le sens de ces deux mots ? Voici ce qu'on peut lire par exemple dans le dictionnaire Lafaye de 1858 :

    « Haine est le mot général, le nom propre de la passion excitée dans l'âme contre ce qui la blesse ou lui fait peine, comme amour est le nom de la passion produite en nous par ce qui nous agrée. »

    Haïr, c'est l'instinct vital qui permet de se défendre contre ce qui fait mal, la colère qui réagit contre ce qui semble inacceptable.

    Mais qu'est-ce que l'amour sans la haine ? Une valeur ne peut exister que par son contraire. Aimer et haïr, voilà deux valeurs qui s'opposent mais aussi, qui s'équilibrent et se complètent. S'ouvrir à l'autre, oui, mais aussi savoir marquer la limite.

     

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    Terminons l'étude de ce rêve :

    Je sais que j'aurai à l'aider

    Il est montré à Viviane que la manifestation divine de l'amour est handicapée, parce qu'il lui manque la haine, son aspect opposé et complémentaire. La fillette, puis la femme va avoir alors à travailler sur elle, pour soigner ce dynamisme blessé dans l'âme, rétablir l'équilibre entre les opposés dans l'image divine, lui redonner sa totalité. Elle sera amenée à comprendre et faire comprendre que le divin est une puissance paradoxale dans l'âme, qui demande à l'humain d'apprendre à concilier les contraires.

    La suite du rêve amène l'enfant dans une expérience extatique qu'elle n'oubliera jamais ; ce rêve lui donnera la force intérieure pour contribuer à élargir les conceptions régnantes, à corriger la représentation bancale de la divinité, lui redonner sa puissance originelle, sa dimension paradoxale.

     

    Conclusion

    Que l'on considère les rêve de Diva avec l'éléphant blanc, de Morgane avec la mort du Dalaï Lama, le rêve de Viviane avec le Christ blessé, on constate que la vie spirituelle de ces femmes occidentales n'est pas valable. La conception du divin, quelle que soit la religion pratiquée est insuffisante, unilatérale, boiteuse. L'inconscient le sait, le montre dans le rêve et vient conseiller, demander de rétablir l'équilibre manquant, car il y va de la vitalité non seulement de la rêveuse, mais de son entourage.

    La représentation valide du divin est perdue et comme l'a dit Jung, « un peuple qui perd ses dieux est un peuple qui meurt ».

     

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    Illustrations

    Carl Gustav Jung

    Etienne Perrot

    Gayle Delaney et Christiane Riedel

    Christ et Bouddha, 1890, du peintre français Paul Elie Ranson

    Oiseau de feu : http://pensamientocritico.files- wordpress.com

    Ballon de foot : http://28.img.v4.skyrock.net

    Match : http://blogimages.skynet.be

    Ballon dans le but : http://eag-tv.com

    Concile de Nicée

    Concile de Nicée

    Excommunication

    Coup de pied dans le tibia : http://photo.parismatch.com

    Gregory Coupet du club Paris Saint Germain a pris un coup de pied qui lui a fracturé le tibia : http://4bp.blogspot.com

    Les pèlerins d'Emmaüs, 1628, par le peintre hollandais Rembrandt

    Caducée de feu : http://www.teaser.fr

    Yeux bleus : Roméo Sarfati; http://static1.purepeople.com

     


     

  • UN MYTHE GENERAL : ET LE DIEU FECONDA LA FEMME

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    Je vous ai parlé dernièrement en ce temps de Noël de l'annonce faite à Marie. C'est là le mythe de la religion chrétienne.

    Dans une vision, qui est un rêve à l'état de veille, Marie voit l'ange Gabriel lui apparaître et lui dire :

    «  Le Saint Esprit viendra sur toi et la puissance du Très haut te couvrira de son ombre. » Le divin a « couvert » une humaine pour engendrer un être humain, Fils de Dieu, le Christ qui est à l'origine de la religion chrétienne. 

    Dans ma dernière étude je vous ai indiqué la signification symbolique de cet événement, toujours vivant dans l'âme aujourd'hui : l'être humain, dans sa vie intérieure, se sent « pénétré », investi, habité par une présence qui le dépasse.

    Vous n'ignorez pas, par ailleurs, la mythologie gréco-romaine et les amours célèbres des dieux et des humaines, des déesses et des humains. Le monde méditerranéen antique connaissait déjà, bien avant notre ère, cette rencontre entre le divin et l'humain. Les exemples sont multiples :

    Ainsi, parmi d'autres avatars, Jupiter prit la forme d'un taureau blanc pour conquérir Europe. Pour séduire Léda, il choisit d'apparaître sous la forme d'un cygne blanc. Il féconda la vierge Danaé en tombant sur elle en pluie d'or. Les enfants qui naquirent de ces unions furent les demi-dieux, les héros civilisateurs de la mythologie grecque.

     

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    Et le même mythe existe également en Orient. Les Hindous, en effet, et la religion bouddhiste font eux aussi remonter la naissance de celui qui fonda leur religion à une intervention divine, qui apparut là aussi sous la forme d'un animal, et là aussi d'un animal blanc.

    Cette visite sacrée eut lieu dans un rêve.

    Ce sera mon sujet d'aujourd'hui.

     

    Dans les textes fondateurs, la philosophie indienne accorde la plus haute valeur spirituelle aux rêves.

    Un texte dans le Raja Yoga explique :

    « Quelquefois un homme rêve que des anges sont venus à lui et lui ont parlé, qu'il est entré dans un état d'extase, entendant la musique des sphères et sentant un bonheur suprême. Considérez ce rêve comme une réalité et méditez dessus. »

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    Ces textes, comme ceux de la Bible et d'autres traditions, affirment que le rêve est le moment où les forces divines entrent en contact avec les humains et ils considèrent cette expérience comme réelle. Il n'est donc pas étonnant que le dieu lui-même intervienne dans les rêves, comme nous l'avons déjà vu. Et c'est bien ce que raconte la Reine Maya , la mère de Bouddha.

     

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    La reine Maya était mariée au roi Shuddhodana qui régnait 500 ans avant notre ère dans un petit royaume au Nord de l'Inde.

    Et voici qu'une nuit elle rêva :

     

    Rêve :

    « Quatre puissants rois me portèrent de ma couche sur un plateau de l'Himalaya. De là, quatre reines me portèrent au lac d'Anotatta.

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    Je fus baignée, ointe de baumes odorants et couverte de fleurs parfumées.

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     Puis on me déposa sur un lit dans le palais sur la montagne d'argent tournée vers l'est.

     

     

     

    Venant de la montagne d'or, venant du nord, un éléphant blanc s'avança alors vers la montagne d'argent. Sa trompe était comme une corde d'argent et il y tenait une fleur de lotus.

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     Il entra dans le palais d'or au son éclatant des trompettes, fit trois fois le tour de mon lit, pénétra par mon flanc droit et s'allongea dans mon giron. »

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    Maya se réveilla dans une grande agitation et raconta son rêve à son royal époux qui fit venir les Brahmanes. Ceux-ci expliquèrent que  le rêve annonçait la venue d'un grand Être, qui serait soit un grand roi, soit un grand saint, un Bouddha, qui veut dire « Eveillé, Illuminé ».

    Ainsi, la conception de Bouddha est décrite dans un symbolisme très semblable à celle du Christ. Maya et Marie, 500 ans plus tard, vivent la même expérience : un enfant est conçu en elles, sans l'intervention de l'homme, mais par une puissance qui dépasse l'humain. Maya est pénétrée dans le flanc droit par un éléphant blanc, Marie est couverte par l'ombre de l'Esprit Saint. Pour Maya, le rêve est sensuel, l'image est concrète, charnelle, pour Marie, l'image est plus distante, plus abstraite.

    Vous voyez apparaître ici une image commune à l'humanité, que l'on retrouve partout dans l'Antiquité, de l'Est à l'Ouest. Elle exprime une réalité qui dépasse l'entendement conscient. On peut dire que ces images désignent la visite d'une PRESENCE, qu' on appelle, sous un nom abstrait dans la tradition spirituelle chrétienne, le Saint Esprit.

    Ainsi, la vision intérieure de deux femmes, l'union de leur âme avec la divinité, qu'elle soit vécue dans l'état du sommeil ou de l'éveil, est présente à l'origine de la vie du Bouddha, comme du Christ, deux hommes qui déterminèrent la vie spirituelle de deux parties du monde, l'Orient et l'Occident, deux hommes à l'origine de deux grands systèmes thérapeutiques, le bouddhisme et le christianisme.

     

    Considération

    On voit ici, à travers 3 civilisations et sur des millénaires, se manifester sous la même image, rêve ou vision, la force venue de l'inconscient, que Jung a appelée « archétype » ; image - force qui, par intervalles, sur des siècles, à travers des êtres individuels, conduit à la naissance de nouvelles façons de penser et de vivre, transformant ainsi la culture des peuples et des nations, et ce toujours de nos jours.

     

    Nous en verrons un exemple actuel la prochaine fois.

     

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    Illustrations

    Je remercie les artistes et les photographes, dont les œuvres m'ont permis d'illustrer mon blog.

    Vierge aux raisins de l'artiste français Pierre Mignard, 1640-1650

    Léda et le Cygne : http://.insecula.com

    Shiva : http://www.tantrayoganidra.com

    La reine Maya : http://farm4.static.flickr.com

    Massage : http://www.health-and-spa.at

    Massage : http://www.harmonie-art-de-vivre.fr

    Massage : http://images03.olx.com

    Aux approches de l'Himalaya : http://www.sports-santé.com

    Forêt de rhododendrons au Népal : http://www.sports-santé.com

    Palais hindou :http://www.top.depart.com

    Elephant :http://media.paperblog.fr

    Elephant :http://lh6.ggpht.com

    Vierge hindou à l'enfant : astromail.fr

     

  • INITIATION

    Les vacances sont terminées, les activités reprennent et c’est le moment où souvent on choisit de suivre une démarche dans l’espoir de s’instruire, se développer, et parvenir à une meilleure connaissance de soi et du monde. «  Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’Univers et les dieux » pouvait-on lire déjà il y a 25 siècles au fronton du temple d’Apollon dans la cité oraculaire de Delphes. Pour approfondir leur étude, certains se tournent par exemple vers une école ésotérique ou une autre, et y cherchent un enseignement plus ou moins secret qui les amène à comprendre les mystères de la vie et parvenir ainsi à l’« Initiation ». C’est le cas de Ruben qui est venu me voir il y a plus de 20 ans. Je vous invite à le découvrir.

     

    Ruben est un avocat de Dakar qui cherche sincèrement à vivre en relation avec le divin. Il est un membre actif dans son église, il y tient l’orgue le dimanche. Il poursuit aussi à côté des recherches ésotériques, il voudrait devenir un « Initié ».

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     Cet espoir lui occupe l’esprit et son rêve, une nuit, vient lui en parler. Le voici :

     

    Rêve :  D’un signe de tête il me montre la rue

    Je suis dans l’entrée d’un immeuble qui donne sur la rue. Je me tiens debout, devant une porte fermée et j’attends.

     

    J’attends qu’on m’ouvre. Je sais que derrière la porte a lieu la réunion d’une grande assemblée, et que c’est le jour des initiations.

    Je sais que le Grand Maître de la loge est derrière cette porte et j’attends qu’on m’ouvre pour me faire participer à la cérémonie où je recevrai à mon tour l’Initiation.

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     J’attends…, rien ne se passe,… j’attends… et je commence à désespérer. Je me sens rempli de peine, parce que je ne serai pas initié et resterai à l’écart du divin. Je me sens misérable.

    Alors la porte s’ouvre et un homme apparaît. Il n’est pas grand, il est costaud, râblé, ventripotent. Il a des cheveux roux, il a retiré son veston et porte un gilet sur sa chemise. Son pouce est passé sous son gilet et il fume un cigare. Il  me fait penser à un homme d’affaires, un juif capitaliste américain. Il me regarde avec bonté et me demande ce que je fais là. Je lui explique mon intense désir de recevoir l’initiation, et mon désarroi de ne pas être admis. Il m’écoute avec beaucoup d’intérêt et d’attention et tout d’un coup, il secoue la tête et me dit :

    -         Eh bien, non, voyez-vous, l’initiation, ce n’est pas là que vous allez la recevoir.

    Et d’un signe de la tête il me montre la salle derrière la porte. Non, poursuit-il, l’initiation, c’est là que vous la recevrez, et du mouvement contraire de la tête, il m’indique la rue.

    Pendant qu’il me parle avec tant de gentillesse et de sollicitude, je comprends soudain que cet homme, c’est le grand Maître, c’est Dieu.

    Je me réveille, bouleversé.

     

    Interprétation

    Le début du rêve est très clair. La fin du rêve mérite qu’on l’étudie.

    Ruben, dans son désir humble et sincère a réellement rencontré dans son rêve la dimension divine sous une image qui lui est totalement personnelle.

     

    Que penser d’une image divine dans les rêves ?

    On ne peut pas affirmer que le divin soit comme l’image du rêve, on ne peut rien dire du divin en mots humains. On peut seulement prendre en considération les images sous lesquelles il se présente, mais on ne peut rien dire de son être, car rien ne garantit que l’image du rêve individuel corresponde à l’être.

    L’interprète de rêves ne fait pas de métaphysique. Il étudie des faits concrets, réels :  les rêves, expériences quotidiennes objectives, qui ont lieu par milliards toutes les nuits. L’interprète a pour objet une recherche qui se veut scientifique. Il constate et étudie les faits, il est empirique et n’en déduit aucune idée sur la nature des réalités ultimes, inaccessibles à l’humain.

    Dans ces limites et à partir de là, il peut étudier, analyser l’image divine telle qu’elle se présente et en faire des déductions qui ne sont valables que pour le rêveur, précisons le bien encore une fois.

     

    Analysons maintenant cette image du divin :

     

    Un juif capitaliste

    Le juif

    Déjà un siècle avant J.-C. le célèbre avocat Cicéron, parlant des Juifs à Rome, admire leur esprit d’entreprise. Le juif a également la réputation d’être âpre au gain et près de ses intérêts. Il sait manier l’argent, le faire fructifier et produire de la richesse. Le peuple juif est un peuple « aurifère » et proscrit. (Victor Hugo)

    Le capitaliste

    Se basant sur la propriété privée des moyens de production et la liberté du commerce, il a pour but de maximiser les profits et d’accumuler des biens.

     

    Un homme d’affaires américain

    Comme le Juif, l’Américain a la réputation d’avoir le sens des affaires. Sa priorité est de créer de l’argent et d’en gagner en faisant des bénéfices. Il n’est pas taxé pour ses signes extérieurs de richesse, sa prospérité n’est pas montrée du doigt. Il jouit de la vie et de son argent, se paie des plaisirs coûteux, vit dans un luxe qu’il n’a pas peur d’étaler.

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    L’apparence et la tenue de cet homme

    Tous les détails soulignent combien cet homme est décontracté, il ne se soucie pas d’être élégant, il a retiré son veston pour être à l’aise.

     

    Il est ventripotent

    Il ne cache pas son ventre sous son veston, il se montre tel qu’il est, sans artifices, il mange à son gré et ne se soucie pas de plaire en gardant la ligne.

     

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     Cette image du divin présente tout ce qui est souvent assez mal vu par les Français, marqués par les mouvements chrétiens et socialistes qui prônent le détachement personnel des richesses et des plaisirs matériels, désapprouvent le business pour la recherche de l’argent et du bénéfice, la vie dans le luxe et la décontraction.

    Voilà donc une image très paradoxale du divin par rapport à l’optique traditionnelle ! Pourtant, ce n’est pas la première fois que nous rencontrons une image semblable dans les rêves : je l’ai exposée le  30 mars 08 dans le  texte : «  Il est un rêve étrange et débonnaire… » Ce rêve aussi, en 1930, présentait Dieu sous les traits d’un homme d’affaires américain, très tourné, comme notre avocat, vers l’ésotérisme. Dieu lui reprochait sa paresse dans son business.

     

    Le divin homme d’affaires montre la rue comme lieu d’initiation

    La rue

    La rue est un lieu où chacun va et vient. La rue est un lieu de passage pour tout le monde. C’est là que se trouvent tous les magasins où l’on peut acheter ce dont on a besoin. La rue, avec ses commerces, est l’endroit des échanges par l’argent, les uns en dépensent et les autres en gagnent. C’est là que fleurit l’esprit d’entreprise capitaliste. La rue représente donc le monde extérieur, où l’on gagne et où l’on paie, ce quotidien banal qui fournit, dans les échanges et les affaires, tout le nécessaire pour vivre.

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     Ainsi dans ce rêve apparaît un renversement des valeurs fréquemment admises dans notre société. L’argent et les bénéfices ne sont pas condamnés, le monde des activités terrestres et des affaires a sa place dans la vie quotidienne et même, c’est justement ce niveau là qui mène à l’initiation, à la compréhension de la réalité et des lois mystérieuses de la terre.

     

    Quel est le sens de ce rêve ?

    Cet avocat voudrait faire partie d’une société d’hommes avec des traditions, des règles, des ordres, des savoirs, des connaissances secrètes, des exercices de contemplation, qui devraient le conduire à l’initiation. Mais non. L’initiation ne s’obtient pas ainsi selon le rêve. Le rêve invite au contraire le rêveur à se détourner de ses recherches ésotériques pour s’ouvrir à la réalité quotidienne, se plonger dans l’expérience humaine sous ses formes les plus communes : s’investir plus activement dans son métier, dans le tourbillon des affaires, oser gagner de l’argent par son travail ; entrer dans le flot de la vie avec tous ses changements ; accepter de vivre ses émotions, assumer les nécessités et les contraintes terrestres, sans chercher à s’en échapper dans des démarches mentales qui prétendent initier aux mystères de la vie.

    Il est question pour cet homme de vérifier et corriger ses points de vue et sa façon de vivre, de redonner à la vie quotidienne la place prépondérante.

     

    Pourquoi cet avocat a-t-il reçu cette image du divin ?

    On peut se demander pourquoi le rêve choisit de présenter le divin à cet avocat sous cette image d’homme d’affaires. Sans doute est-ce parce que cet homme est de type intellectuel et contemplatif. Il vit au niveau des idées et du mental. Comme beaucoup, il confond réflexions et connaissances intellectuelles avec vie spirituelle. Le rêve vient alors compenser sa vision trop restrictive de la vie en lui montrant l’image de ce Dieu qui présente « toutes les tares », un homme d’affaires juif capitaliste américain, qui l’invite à descendre dans la rue.

    Mais ce divin homme d’affaires possède également d’autres caractéristiques : Il s’intéresse personnellement à cet homme dont nul ne s’occupe, il s’est déplacé pour venir lui parler, il est bon, attentif et rempli de sollicitude. Le rêve souligne ainsi que l’on pourrait peut être bien être juif capitaliste américain, sans pour autant être dénué de qualité de cœur. On peut faire de l’argent tout en tenant compte de son entourage. Le business et l’humanité ne sont pas inconciliables.

    Le rêve présente ainsi l’image paradoxale d’un homme qui a réussi à concilier des contraires.

    Et c’est devant l’attitude si humaine de cet homme que le rêveur prend tout d’un coup conscience que c’est le Grand Maître qui est là devant lui, c’est Dieu.

     

    Conclusion

    Comme cela se produit chaque nuit pour tout le monde, c’est la dimension divine qui vient parler personnellement au rêveur. Ici elle se manifeste de façon directe. Elle révèle à Ruben une vérité que personne ne lui a jamais dite, qui lui semble presque invraisemblable. La véritable initiation s’accomplit dans les expériences de la vie terrestre, banale, matérielle, car c’est là que l’on se trouve amené à donner une forme à une idée, à la réaliser dans la matière, c’est là, dans la vie quotidienne, que s’accomplit l’incarnation de l’Esprit.

     

    Je revois Ruben après l’interprétation de son rêve, il m’a remerciée et m’a fait l’un des compliments qui m’a le plus touchée dans ma carrière d’interprète.

    Il m’a regardée et m’a dit :

    - Madame, vous parlez comme nos marabouts.

     

    La prochaine fois, je vous raconterai le rêve d’un autre Africain, qui, lui, suit un stage de formation commerciale. Là encore, il sera question du gagnant américain.

    En attendant, chers blogueuses et blogueurs, je vous souhaite une joyeuse reprise de vos activités dans votre vie quotidienne.

     

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     Illustrations

    Je remercie les photographes dont les photos m’ont permis d’illustrer mon blog.

    Initiation

    Andy Garcia fume le cigare.

    Bouddha ventripotent :http.blog.uniterre.com

    Capitaliste ventripotent : http://www.nanarland.com

     

     

  • LA TRAHISON DE ST JEROME

    Saint Jérôme  (340-420) est connu comme un des docteurs de l'Eglise et son œuvre exerça une influence immense. Il fit beaucoup pour populariser le mouvement monastique et l'ascétisme, et surtout, le cadeau monumental qu'il fit à l'Eglise fut de traduire en latin la Bible écrite alors en hébreu et en grec. Cette Bible en latin fut appelée la Vulgate, ce qui veut dire « version répandue ».

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    incunabula1.jpg    Jérôme naquit dans une riche famille chrétienne. Il fit de solides études à Rome, était très épris de culture classique et connaissait tous les grands écrivains latins dont il s'était constitué une magnifique bibliothèque. Il avait en fait recopié lui même tous les textes à la main. Il commença une carrière littéraire et forma avec ses amis un groupe qui s'orientait vers la vie chrétienne monastique.

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    Cet intellectuel se trouvait entre deux cultures, la culture latine et la culture chrétienne. Mais il manifestait un enthousiasme incontestable pour les poètes, les philosophes et les orateurs latins, il vouait en particulier une admiration sans bornes au célèbre avocat romain, l'écrivain Cicéron.

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    En revanche, la Bible lui paraissait un livre brutal et grossier en comparaison du raffinement intellectuel de la prestigieuse culture latine. Ce fut alors que sa vie fut totalement bouleversée par un rêve. A cette époque, il se trouvait à Antioche où, au cours d'une maladie où il faillit mourir, il reçut un rêve terrible qu'il raconta dans une de ses lettres.

    Le voici :

     

    Rêve

     « Je fus soudain emporté en esprit et traîné devant le trône du jugement du Juge.

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    trone_thorin.jpgEt là, la lumière était si brillante, ceux qui se tenaient à l'entour étaient si radieux que je me jetai à terre sans pouvoir regarder.

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    On me demanda qui j'étais  et je répondis :

    «Je suis chrétien ». Mais celui qui présidait répliqua :

    «Tu mens, tu es un disciple de Cicéron et non du Christ. Car là où est ton trésor, là se trouve aussi ton cœur. »

    Sur l'instant je devins muet. Il ordonna que je sois fouetté, lumière.JPG

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    et, en recevant les coups de fouet, je fus torturé plus terriblement encore par le feu de la conscience. Je pensai en moi même à la parole : « Qui va me faire grâce quand je suis au fond de la tombe ? »

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    A cause de tout cela je me mis à pleurer et à me lamenter, m'écriant :

    « Aie pitié de moi, ô Seigneur, aie pitié de moi à cause de ma jeunesse. »

    Mes cris se firent entendre même à travers les coups de fouet. A la fin, tous ceux qui se trouvaient là tombèrent à genoux devant Celui qui présidait et Le supplièrent d'avoir pitié de ma jeunesse et de me donner encore du temps pour me repentir de mes erreurs. Ils insistèrent en disant qu'Il pourrait m'infliger un supplice si jamais je me remettais à lire les œuvres des païens. J'en fis donc le serment et j'invoquai son nom par ces mots : « Seigneur, ce serait te renier, si jamais je me trouvais de nouveau en possession de livres de ce monde, ou si jamais j'en lisais. » Je fus congédié après avoir fait ce serment,

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     je retournai dans le monde d'en haut, et, à la surprise générale, quand j'ouvris les yeux, ils étaient si rempli de larmes que même les plus incrédules furent convaincus de ma détresse...

    Je professe que mes épaules étaient devenues bleu - noir, que je sentis les coups encore longtemps après mon réveil et que depuis lors j'ai lu les livres de Dieu avec plus de zèle que je n'en avais mis pour lire les livres des hommes. »

     

    Peu après, Jérôme se rendit au désert en ermite puis poursuivit sa vie dans l'étude. Il connaissait le grec, il apprit l'hébreu et se lança alors dans l'énorme travail qui fut de traduire la Bible en latin.

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    Et c'est dans plusieurs de ses traductions qu'on se demande si la terrible expérience de son rêve ne l'aurait pas influencé.

    Regardons en effet deux exemples :

     

    Dans le livre du Lévitique on peut lire dans le texte hébreu au chapitre 19, verset 26 l'ordre suivant :

    « Vous ne mangerez rien avec du sang, vous n'observerez ni les serpents ni les nuages pour en tirer des pronostics. »

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    Jérôme a traduit : « Vous ne mangerez rien avec le sang. Vous ne consulterez point les augures, et vous n'observerez pas les rêves. »

     Où est-il question des rêves dans le texte original ? Jérôme les a introduits, alors que rien ne le justifie.

     

    Au livre du Deutéronome, chapitre 18, verset 10, on lit dans le texte hébreu :

    « Qu'on ne trouve chez toi personne pour consulter les oracles, pratiquer l'incantation, la divination, les enchantements et les charmes, interroger les revenants et les esprits ou consulter les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l'Eternel. »

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    Jérôme a traduit là encore : « ...Qu'il ne se trouve personne qui interroge des devins, et qui observe les songes et les augures, ni qui use de maléfices, ni qui soit enchanteur, ni qui consulte ceux qui consultent les esprits de pythons et les devins ou qui demandent aux morts la vérité. »

    Dans ce passage aussi, le traducteur falsifie le texte d'origine comme dans le livre du Lévitique, et l'expression : consulter les oracles est traduite par : observer les songes et les augures.

     Ainsi, quand, de son côté, l'écrivain biblique condamne les pratiques de nécromancie et de magie noire, Saint Jérôme, lui, fait l'amalgame avec l'interprétation des rêves, l'introduit dans le texte alors qu'il n'en est nullement question. Cette traduction fausse jette ainsi sur les rêves une condamnation qui entraîne leur rejet.

    Cette falsification n'a pas eu lieu dans les traductions modernes, refaites depuis la Vulgate. Cependant les interdits jetés par Jérôme firent leur œuvre pendant des  siècles et règnent encore aujourd'hui, où les rêves sont considérés par beaucoup comme une démarche plus ou moins sulfureuse. N'ai je pas entendu dire par des gens bien pensants et bien placés que le rêve était diabolique ?

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    Je me suis même entendu dire par un pasteur protestant que j'étais une sorcière parce que j'interprétais les rêves. Il était un homme charmant et cultivé. Et quand même !

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     Que s'est-il passé avec saint Jérôme ? Aurait-il gardé un effroi ineffaçable de son terrible rêve ? Serait-ce pour cette raison qu'il aurait rejeté les rêves en bloc, parce que le sien lui était insupportable ? Cherchait-il à se justifier de rejeter son rêve en le traitant comme une mancie païenne condamnée par la Bible ?

    Quoiqu'il en soit, il demeure le fait exact et vérifiable qu'il a falsifié les textes et condamné volontairement le rêve, alors que la Bible ne le fait pas. Au contraire, la Bible est remplie de récits de rêves, ce que Jérôme savait pertinemment, puisqu'il les a traduits. N'est-on pas en droit de considérer cette traduction frauduleuse comme une imposture spirituelle ?

    C'est ainsi que pour des siècles à venir, le rêve, qui jusqu'au premiers siècles après J-C  se trouvait au centre de la vie spirituelle, a été ravalé d'un coup au rang de magie noire, au rang de toutes les pratiques interdites, parce qu'elles détournent de l'écoute du dieu intérieur, alors que, justement, le rêve est la voix du divin, le divin s'exprime par le truchement des rêves.

     C'est ce que Carl Gustav Jung a rappelé dans les dernières lignes qu'il a écrites tout à la fin de sa vie, après avoir interprété plus de 80.000 rêves :

     « Nous avons oublié ce fait de notoriété millénaire que Dieu parle surtout dans les rêves et dans les visions. Voilà pourquoi l'on se plaint de façon générale que Dieu ne parle plus aux hommes comme il le faisait autrefois...ON NE L'ECOUTE PLUS ! » (1)

     

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    Bibliographie

    (1) St Jérôme, lettre 22 à Eustochium

    (2) L'homme et ses symboles - Chapitre « La guérison de la dissociation », p. 101 et 102. Carl Gustav Jung, éd. Robert Laffont, 1964

     

    Illustrations

    Je remercie les artistes et les photographes dont les œuvres m'ont permis d'illustrer mon blog.

    Eglise à Antioche :www.alpesexploration.com

    Ascétisme chrétien : idata.over-blog.com

    Canyon, USA, http://image-photos.linternaute.com

    Trône : http://elbakin.net

    Arrivée au paradis de Jérôme Bosch

    Lumière : Sunray, http://lesaindessaints.org

    Main : http://acce121.mettre-put-idata.overblog.com

    Jugement : le retable d'Issenheim du peintre allemand  Mathias Grünewald, 1515

    Congédié :http://www.ludibag.net

    Les peines des damnés de l'Enfer du peintre italien Giovani da Modena, 1410

    Désert :http://www.ictusvoyages.com

    St Jérôme dans le désert : tableau du peintre français Joachim Patenier, 1487-1524

    Serpent : http://www.routard.com

    Langue de serpent : http://www.dinosoria.com

    Nuage :http://www.galileo-web.com

    Nuage : http://www.naturepikel.com

    Revenants : http://4bp.blogspot.com

    Fantôme : http://76.img.v4.skyrock.net

    Consulter les oracles :http://www.etredelumiere.fr

    Les peines des damnés en enfer : Giovani da Modena, 1512

    Le sabbat des sorcières : 1797, tableau du peintre espagnol Goya

    St Jérôme, 1524, tableau de van Cleve