Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

6 Grands rêves - Page 3

  • 3 LE PREMIER RÊVE DE LA BIBLE : UN GRAND RÊVE PROPHETIQUE

     

     

    Nous avons vu la dernière fois la conception des Anciens dans la Bible, au sujet des rêves.

    Sur des siècles, des Hébreux, jusqu’aux premiers chrétiens, tous racontent l’expérience que Dieu prend contact avec eux par le canal régulier des rêves, pour leur donner des informations et les guider.

    Leur conception est fondée, je le répète, sur l’expérience,

    En exemple je vous présenterai aujourd’huile premier rêve de la Bible. Je le comparerai ensuite avec des rêves ultérieurs, qui furent reçus par d’autres rêveurs sur des siècles jusqu’à nos jours.

     

    Le premier rêve que raconte la Bible dans la Genèse, au ch. 15. est celui d’Abraham, qui aurait vécu environ 1800 ans avant J.C.

    Il est alors appelé Abram, « père noble ». Mais il n’a pas d’enfant.   

    C’est dans des circonstances difficiles qu’il reçoit ce rêve :

    Dieu lui a promis qu’il aurait un enfant, mais il n’a toujours pas d’enfant.

    Dieu lui a aussi promis la terre de Canaan, mais Abram n’a pas non plus de terre, puisqu’il est nomade, il a installé ses tentes en pays de Canaan, près d’Hébron.

    Il vient de traverser de durs moments : il a guerroyé pour libérer son neveu prisonnier, victime d’un raid militaire, organisé par des rois voisins. Avec ses hommes, Abram les a battus, poursuivis et vaincus.

    abraham_kings468x289[1].jpg

    Mais maintenant, pour qui et pour quoi se bat-il ? Il sait qu’il s’en va sans enfant, sans postérité. Cette situation le tourmente.

    C’est alors qu’il va faire, en deux temps, une expérience psychique intense : L’Eternel Dieu lui apparaît dans une vision, puis quelques heures plus tard, dans un rêve.

    Dans sa vision tout d’abord, l’Eternel lui dit :

    « - Abram, ne crains point ; je suis ton bouclier

    bouclier_antique_poster-r17720994e61a42bba60751c158d64831_b04_8byvr_324[1].jpg

     

    et ta récompense sera très grande…

    Regarde vers le ciel et compte les étoiles, si tu peux les compter… Telle sera ta postérité. »

    Dieu promet aussi la possession du pays de Canaan.

    Abram fait confiance à Dieu et prépare un sacrifice. Soudain, au coucher du soleil, « un profond sommeil tombe sur Abram ». Il rêve « et voici une obscurité terrifiante vient l’assaillir ».

    De nouveau l’Eternel s’adresse à lui pour lui annoncer les tribulations que ses descendants traverseront. Puis il fait alliance avec Abram et renouvelle sa promesse : le pays de Canaan sera la possession de sa  postérité.

     

    Regardons bien ce rêve que personne ne mentionne. Ce premier rêve de la Bible est absolument déterminant. C’est un grand rêve prophétique, qui annonce à Abram une immense descendance, alors que pour l’instant il n’a pas d’enfant.

    Mais dans les années qui suivent, Abram en effet a un fils de sa servante Agar : Ismaël, et il devient ainsi le fondateur du peuple ismaélite ou arabe.

    Puis sa femme Saraï, à son tour, lui donne un fils, Isaac, ce qui fait d’Abram le fondateur du peuple hébreu.

    Des années plus tard, Dieu lui apparaît à nouveau et change le nom d’Abram en Abraham, qui signifie « père d’une multitude » : il est l’ancêtre et du peuple arabe et du peuple hébreu, appelé Israël.

    Bien des années plus tard, en sortant de l’esclavage en Egypte,

    les Hébreux se sont établis en pays de Canaan.

    La prophétie du premier rêve de la Bible s’est avérée exacte.

    Capturer.JPG

     

    De grands rêves prophétiques qui se sont réalisés, j’en ai présenté plusieurs l’an dernier.

    J’en mentionne quelques uns pour mes lecteurs qui n’en auraient pas connaissance ou voudraient les relire :

    - 330 ans avant J.C., c’est un rêve qui décide Alexandre le Grand à s’emparer de l’Asie jusqu’en Inde. Ses conquêtes et son influence ont répandu la culture grecque. (1)

    BattleofIssus333BC-mosaic-detail1[1].jpg

    - 64 ans avant J.C., Jules César reçoit un rêve qui lui annonce qu’il dominera Rome et la terre. Ce rêve le lance dans sa prodigieuse carrière. 25 ans plus tard, Jules César est maître du monde comme le rêve l’avait prophétisé. La vie des peuples de l’Antiquité en est entièrement transformée.(2)

    julius-caesar-film-in-development[1].jpg

     

    - En 1863, le  ministre prussien Bismarck reçoit un rêve qui lui montre comment vaincre l’Autriche et lui annonce une immense extension de son pouvoir. Moins de dix ans après, Bismarck fonde en 1871 l’Empire allemand et en devient le chancelier. Son rêve l’a amené à construire l’Unité allemande et a transformé l’histoire de l’Europe. (3)

    otto_v_bismarck.jpg

    Ainsi, dix neuf siècles avant J.C., Abraham reçoit un rêve prophétique qui concerne la vie de peuples. Pendant des siècles jusqu’à notre époque,  ce sont les rêves qui continuent d’annoncer les changements  politiques et territoriaux. Dix neuf siècles après J.C. le rêve toujours prophétique transforme les frontières et l’histoire des peuples de l ‘Europe.

    Je prends plaisir à vous rappeler aussi le rêve du général Patton en décembre 1944, qui lui permit de gagner la plus terrible bataille d’Europe, la bataille des Ardennes, où s’affrontèrent plus d’un million de soldats, où 180 000 moururent, bataille héroïque qui sauva l’Europe des nazis. ( 4)

    Fall05_Patton-Praying_sm[1].jpg

    Mais en France on ne parle guère de la bataille des Ardennes, comme on ne parle guère des rêves.

    Qu’on ne raconte donc pas que ce premier rêve dans la Bible est une sottise ou une invention ! Cette affirmation reflète le manque de culture régnant au sujet du rêve. Il suffit d’examiner objectivement l’histoire et les témoignages à travers les siècles pour constater que le rêve continue à remplir la même fonction prophétique. De nos jours comme autrefois, des années à l’avance, il donne des indications sur le destin des peuples.

     

    Maintenant, je ne manquerai pas de souligner que nul n’est besoin d’être un grand homme pour recevoir un rêve prophétique.

    Voici un rêve reçu il y a 3 ans par une rêveuse simple et modeste. Elle ne cherche pas à se mettre en avant. Comme Jung, le psychiatre suisse, elle sait que Dieu existe, et comme l’écrivain socialiste français André Fossard, elle affirme tranquillement : « Dieu existe, je l’ai rencontré ».

    imagesCASIX4QP.jpg

     

    Son rêve

    Une nuit, elle se trouve en rêve dans un petit coin à l’écart, avec quelques personnes de son entourage. Elle voit Dieu venir à eux et leur demander de sortir. Il leur dit :

    « - Vous ne saurez pas où vous allez, vous serez menés. Vous devez rester ensemble. Vous n’avez rien à craindre. » Et il ajoute cette parole étrange:

    «  - Le mont Saint Michel est en train de disparaître dans l’océan, sous la marée. Tout va changer. »

    ys[1].jpg

    Elle se réveille stupéfaite.

     

    Ce rêve semble bien annoncer la vague montante d’athéisme et de christianophobie en France et la disparition des valeurs chrétiennes, symbolisées par la présence du Mont Saint Michel.

    Il y a plus de 20 ans, cette situation était déjà annoncée à une autre rêveuse en 1990 dans son rêve où l’on avait pissé sur le buste du Bodhisattva, qui était en fait le buste du Christ.(5)

     

    Le premier rêve de la Bible le montre, les témoignages les plus récents le confirment : le rêve sur 4000 ans annonce aujourd’hui comme autrefois des bouleversements qui concernent la destinée des peuples. Nous sommes tous concernés.

    awe[1].jpg

     

     

     

    Bibliographie

    La Bible :

    Je travaille à partir de plusieurs Bibles :

    Les bibles françaises :

    La sainte Bible, Alliance Biblique Universelle, 1956

    La Bible de Jérusalem, éditions Desclé de Brouwer, 1975

     

    La Bible en allemand :

    Die heilige Schrift, Verlag des Zwingli-Bibel Zûrich, 1942

     

    La Bible en anglais : The Holy Bible, King James version, National Publishing Company, 1978

     

    Blog de Christiane Riedel

    (1) Le rêve d’Alexandre :

    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2011/08/24/alexandre-et-le-grand-pretre-jaddus-a-jerusalem2.html

     

    (2) Le rêve de Jules César :

    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2011/09/16/

     

    (3) Le rêve de Bismarck :

    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2012/03/04/le-reve-de-bismarck-mon-interpretatio-et-une-autre.html

     

     

    (4) Le rêve de Patton :

    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2012/03/19/les-reves-d-un-general-ahurissant.html

     

     

    ( 5) Le Christ couvert de pisse

    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2011/10/31/piss-christ-ou-le-bodhisattva-couvert-de-pisse.html

     

    Illustrations

    Bataille : abraham.king. 468

    Bouclier divin: zazzle.fr

    Obscurité : baerfacts.de

    Abraham : identité.juive.com

    Alexandre

    César

    Bismarck

    Patton priant avant la bataille des Ardennes

    Mont saint Michel envahi par la marée : volonté-d.com

    Mer et vitrail : awe-jerub-baal.com

     

  • 4 LES RÊVES VOUS DISENT CE QUE VOUS NE CROYEZ PAS

    4 LES RÊVES VOUS DISENT CE QUE VOUS NE CROYEZ PAS

     

    Le rêve que je vous expose aujourd’hui est terrible. Encore une fois, je le répète, ce n’est pas moi qui ai crée ce rêve. Ce n’est donc pas ma faute si ce rêve vous renverse.

    Comme je l’ai déjà montré sur mon blog, vous savez que le rêve vient souvent faire le commentaire d’une situation vécue la veille. On le comprend alors en le mettant en rapport avec l’expérience concrète du moment. Je vais donc vous dire quelques mots de Michèle et des circonstances dans lesquelles son rêve est intervenu.

    La rêveuse s’enthousiasme avec sincérité à de multiples démarches qui se veulent thérapeutiques. Elle sympathise avec le bouddhisme et pense que l’Amour Universel, l’ouverture du cœur, vont apporter le bonheur à l’humanité.

    download-1[1].jpg

     

    Elle s’intéresse aussi aux rêves, elle se réclame de Jung.

    Cependant, comme beaucoup, elle n’a pas compris les études menées par ce grand esprit sur l’alchimie et l’existence du bien et du mal.

    « Le mal, dit Jung,  doit être considéré avec autant d’attention que le bien, …tous deux faisant partie du clair obscur de la vie. En dernier ressort, il n’est pas de bien que ne puisse susciter de mal, ni de mal qui ne puisse engendrer de bien. » (1)

    caducee_5[1].jpg

     

    Mais pour notre amie, le mal n’existe pas. Elle vient ainsi de publier sur le net un article qui explique que le mal n’est que l’absence du bien. C’est là la vieille doctrine de la «  privatio boni, » « absence du bien », mise au point autrefois par les théologiens catholiques. Dieu étant - ou étant considéré comme - le Bien Suprême, le « Summum Bonum », il n’a pas crée le mal, et le mal n’est que l’absence de bien.

    Jung n’a pas cessé de dénoncer cette doctrine de la privation boni qui, outrepassant ses droits, se permet de définir l’Inconnaissable à partir de conceptions humaines.

     

    J’écris un mail à Michèle et lui fais remarquer que son affirmation est en total désaccord avec les rêves, et avec les travaux de Jung sur les rêves et l’alchimie. Depuis que je les étudie moi-même, j’ai vu, moi aussi, des rêves qui confirment ce que Jung a écrit. J’en ai rencontré certains alors que j’ignorais tout de l’œuvre de Jung. Mon livre «  Rêves à Vivre » (2) en contient quelques exemples.

    La nuit suivante, Michèle reçoit un rêve affreux. Le lendemain, avec beaucoup de gentillesse et de bonne volonté, elle m’honore de sa confiance et m’adresse son message nocturne.

     

    Rêve

    J’étais dans le pilier droit d’un temple ou d’une entrée d’un lieu sacré…J’étais comme la mémoire du pilier, mais je bougeais dedans, c’était plutôt confort.

    Un chariot est passé tout près de moi et a frotté le pilier. Alors, dans le chariot, le Christ, qui était lié, a tourné la tête et m’a souri. Il n’avait plus de dents, et ses lèvres étaient blessées, rougies de sang. Sa tunique rouge couvrait ses pieds liés par un long serpent noir. Le serpent noir pleurait et léchait les pieds du Christ. Il y avait des œufs verts sur le plancher du chariot. Le Christ pondait ces œufs verts sous sa tunique.

    Je suis sortie du pilier et j’ai avalé des œufs.

     

    Le cœur se serre à lire ce rêve.

    Analysons les différentes images.

     

    Interprétation

    J’étais dans le pilier droit d’un temple ou d’une entrée d’un lieu sacré…

    L’entréedu lieu sacré désigne le moment où l’on se tourne vers la divinité, où l’on « vient dans son temple adorer l’Eternel. » (3)

     

    J’étais dans le pilier droit, j’étais comme la mémoire du pilier, mais je bougeais dedans, c’était plutôt confort.

    L’image est surprenante. On s’attendrait à je me tiens « contre » ou « à côté » du pilier. Je suis « dans » le pilier droit  montre que la rêveuse est intégrée dans la masse, à droite.

    Le rêve souligne d’emblée une opposition entre la droite et la gauche.

    Image56[1].jpg

     

    A droite, de façon consciente et intellectuelle, la rêveuse professe les normes et les idéaux de la mentalité extérieure, l’amour universel et le bien. Elle les soutient, elle en est même la mémoire. Elle transmet ce qu’elle a consciemment appris. Et c’est plutôt « confort ».

    L'image "dans le pilier à droite" illustre la position que Michèle a adoptée la veille, quand elle a  affirmé que le mal, n’étant que l’absence de bien, n’existe pas.

    Ainsi, quand, à l’entrée du temple, il est question de rencontrer la divinité, la rêveuse dans ses idées conscientes n’a aucun contact avec le pilier gauche, avec le domaine de l’inconscient, qui n’est pas conforme à l’ordre conscient : tout ce qui concerne le corps, l’instinct, l’irrationnel, et en particulier les réactions autonomes, les ressentis, les émotions, voilà le négatif, le mal qu’elle nie, parce que c’est plus confortable.

    Qui ose regarder le problème du mal, qui est tellement inconfortable ? C’est bien plus facile de le nier.

    Mais le rêve, lui, va aborder cette question, sans détours. Il va montrer à la rêveuse ce qui se passe dans l’image divine en elle, quand elle affirme que Dieu n’est qu’amour. Alors lui apparaît le dieu, qui n’est pas seulement une idée, mais qui a pris forme de chair dans le corps humain, dans le Christ .

    Voyons donc ce que devient le Christ, la représentation de la divinité incarnée:

     

    Un chariot est passé tout près de moi et a frotté le pilier.

    Alors, dans le chariot, le Christ, qui était lié, a tourné la tête et m’a souri.

    Qui est le Christ ?

    C’est un homme qui toute sa vie a agi en suivant sa voix intérieure et non les règles de la morale extérieure.

    Passion_du_Christ_2003_Passion_of_the_Christ_1[1].jpg

     

    Il s’est ainsi opposé constamment à l’ordre conscient régnant.

    Il a soigné les malades le jour du sabbat où il était interdit de faire quoi que ce soit ; il a pris auprès de lui la prostituée Marie Madeleine, il a chassé brutalement les marchands du temple. Malgré la désapprobation et la fureur des prêtres, dignes ancêtres des talibans, il a sauvé une femme adultère en train d’être lapidée ; et j’en passe.

     

    Le Christ a consacré sa vie à expliquer comment aimer véritablement : il a fait ce qui était jugé mal pour amener un changement et permettre un bien. En faisant scandale, il a osé dénoncer les lois malsaines, affronter la colère de ceux qui en transmettent la mémoire depuis des siècles. C’est pour cela qu’il a été crucifié. Mais sa parole créatrice a changé le monde.

     

    Revenons à notre rêveuse. Qu’est donc devenu en elle le Christ, cette image-force du divin dans l’homme, qui s’est opposé à la loi et à la mentalité extérieures ?

     

    Il a été ligoté.

    Michèle, ne considérant que le point de vue des idéaux extérieurs, paralyse le Christ en elle, elle bloque toute inspiration par sa voix intérieure, tout mouvement instinctif et irrationnel jugé négatif.

     

    Quand il passe à côté d’elle dans son pilier, il la voit, il tourne la tête vers elle et lui sourit.

    Quelle marque de tendresse, d’amour ! Même entravé, l’homme- dieu lui montre qu’il la reconnaît, qu’il l’aime.

     

    Il n’avait plus de dents, et ses lèvres étaient blessées, rougies de sang.

    Que s’est-il passé ? On a torturé le Christ, on lui a « cassé la gueule » au sens propre.

    amchoire cassée.JPG

     

     

    Il n’a plus de dents

    Une amputation irrémédiable a eu lieu. La représentation de la divinité, qui détermine en finale tous les choix de vie, a été disloquée à un tel point qu’elle est devenue inefficace. Sans dents, on ne peut plus ni juger, ni trancher, ni décider. Sans dents, impossible d’être incisif ou mordant, impossible de se défendre. Impossible aussi de mâcher, de trier, d’analyser, de réfléchir, de critiquer, de rejeter ce qui est inacceptable. (4)

     

    Les lèvres sont blessées, rougies de sang.

    On a cogné sur la bouche du Christ, on a blessé ses lèvres pour l’empêcher de parler. L’image est très claire. Le rêve montre que la façon dont Michèle se représente le Christ - dieu d’amour n’est pas l’image originelle. Cette image a été défigurée. Le vrai message du Christ a été trahi.

    Ce rêve est reçu par une rêveuse en particulier. Mais elle n’est pas la seule à notre époque.

    Je vous ai raconté sur mon blog le rêve d’une fillette devant une situation similaire : le Christ lui apparaît, estropié. On lui a flanqué dans une jambe des coups de pieds qui l’ont rendu invalide. (5)

    Je vous ai rapporté également l’an dernier un rêve où le Christ était présenté sous la forme d’un bodhisattva. On lui avait pissé dessus. (6)

     

    piss-christ[1].jpg

     

     

    On, on, on, mais qui est ce « on » ?

    Il s’agit de tous les doctrinaires, à commencer par St Paul, qui ont élaboré la tradition et les dogmes et prétendent avoir transmis le message du Christ. Mais au contraire, comme le montre le rêve, ils l’ont trahi.

    A la suite de Jung, l’analyste américain John A. Sanford, prêtre de l’église épiscopale a poursuivi une étude approfondie du sujet dans son livre « Evil the shadow side of reality ». Il démontre cette trahison et les preuves ne manquent pas dans la Bible. (7)

    Selon mon expérience, les rêves, comme celui-ci, mettent cette trahison en évidence.

    Le résultat en est un effondrement du dieu dans l’âme, interdit d’exercer sa force. Interdit, avec cette conception occidentale, de suivre ses réactions instinctives, sa sexualité et sa colère par exemple, qui pourtant rendent plus fort et plus résolu. Il s’ensuit aussi un effondrement de l’individu qui devient incapable de réagir sainement devant une situation intolérable.

    Le dieu de l’Ancien Testament ne s’appelait-il pas le Dieu de Colère, ou encore le Dieu des Armées ?

    Tous les auteurs bibliques parlent de la colère redoutable du Seigneur.

    gods-wrath-sodom1[1].jpg

     

     

    On peut lire ainsi, entre de très nombreux exemples :

    « Il est puissant en pardon, mais il répand sa colère. » (8)

    Voici l’exclamation de Jonas :

    « Ah ! Éternel,…je savais que tu es un dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui te repens du mal. » (9)

    Voilà bien une parole qui prouve que Dieu, même lent à la colère, peut la manifester et faire le mal, puisqu’il s’en repent. Le Christ ne s’est-il jamais mis en colère contre les pharisiens ?

    Mais qui connaît la Bible, dont la lecture complète fut interdite en 1229 par l’Eglise jusqu’en 1965 ?(10)

     

    Sa tunique rouge couvrait ses pieds

    La tunique rouge était un des vêtements que le Christ portait le Vendredi Saint.

     

    Passion_du_Christ_2003_Passion_of_the_Christ_9[1].jpg

    Il la déposa devant sa croix avant son supplice. (11) Le rêve présente donc le Christ le jour de sa mort, qui a amené sa résurrection, trois jours plus tard à Pâques.

    Sa tunique rouge couvrait ses pieds liés par un long serpent noir

    Le serpent

    Quelle surprise ! Le Christ et le serpent apparaissent ensemble.

    Pourtant, le serpent dans la tradition chrétienne n’est-il est le symbole par excellence du mal, l’auteur de tous les maux, qui conduit à désobéir aux lois ?

    D’où vient le serpent ? Quelle est donc l’origine du mal ?

    La Bible, au livre de la Genèse l’explique très clairement :

     « Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l’Eternel Dieu avait faits. » (12)

    Comment la tradition dite chrétienne peut-elle ignorer le mythe de la Bible ? N’est-ce pas Dieu lui-même qui créa le serpent ? C’est dit ici en toutes lettres.

    Si, comme le prétend la tradition, le serpent est le mal, alors le mal a été crée et voulu par Dieu au sein de sa création.

    Paradis_Adam_Eve_Serpent_Arbre[1].jpg

     

    Regardons maintenant ce que montre le rêve

    Le serpent noir pleurait et léchait les pieds du Christ.

    Qui fait preuve de véritable compassion ? Qui souffre et pleure devant le Christ anéanti ? Qui cherche à soulager sa souffrance ? Est-ce la rêveuse dans son Amour Universel ?

    Non. C’est le serpent.

     

    Quel est le sens de cette image douloureuse, étrange, impressionnante, et paradoxale ?

    Le mal et le Christ sont liés, et le serpent aime le Christ.

     

    MVC-415F[1].jpg

     

    Le rêve l’indique expressément, ce qui impose la déduction logique suivante : dans l’inconscient, l’image du dieu incarné comporte les contraires, elle est une union d’opposés.

    Mais chez la rêveuse, cette coexistence des contraires dans la divinité est niée, si bien que la puissance du dieu dans sa vie ne peut pas s’exprimer dans la totalité de sa puissance.

    Comme l’écrit Jung dans son livre «  Essais sur la symbolique de l’esprit », 

    « On s’indigne bien sûr à la pensée que le mal et le malheur font partie intégrante de Dieu, et on s’imagine que Dieu ne peut vouloir une chose pareille. On devrait pourtant se garder de la tentation consistant à restreindre la toute puissance de Dieu en se fondant uniquement sur l’idée qu’en ont les hommes. » (13)

     

    Hélas, c’est pourtant bien à cette tentation que succombe notre rêveuse, comme bon nombre de nos contemporains avec leur idée d’Amour Universel, Cosmique, Inconditionnel, toutes ces « tartes à la crème » du New Age qui, sous l’influence du bouddhisme, viennent encore en rajouter une couche à la doctrine de la privation boni.

     

    Le rêve poursuit sa démonstration avec une image effrayante. Il montre le résultat de ces conceptions délétères, qui excluent le mal de l’image divine :

    Il y avait des œufs verts sur le plancher du chariot. Le Christ pondait ces œufs… sous sa tunique.

    Le Christ n’est plus un humain. Il est devenu un hybride monstrueux : un homme qui n’a pas de tripes, pas de « couilles » ! A la place il a un utérus d’oiseau qui pond des œufs, c’est un être aérien, femelle, qui pond des idées.

    1-_Avec_Fred_la_dissection - mod2.jpg

     

    Si Dieu n’est que bien, amour et bonté féminine, la puissance divine masculine agressive du mal est castrée et inefficace. L’incarnation est ratée.

    Ainsi cette conception que le mal n’existe pas en Dieu retire toute puissance virile d’affirmation dans le monde ; elle ne conduit à aucune créativité concrète sur la terre, mais seulement à des idées, nées d’une hybridation totalement monstrueuse.

     

    Je suis sortie du pilier. J’ai avalé des œufs.

    Michèle, sans réfléchir, gobe tout rond les élucubrations spirituelles insanes, qui proviennent de la façon dont on a trafiqué l’image du Christ, l’image du divin dans l’homme.

     

    On reste atterré après la lecture de ce rêve.

     

    Conclusion :

    Alors, dire que le mal n’existe pas en Dieu ? Pour le rêve ce n’est pas le cas. La présence du serpent lié au Christ relie ce rêve au mythe fondateur biblique de la faute, qui est un mythe thérapeutique.

    Ce rêve dénonce la doctrine qui se prétend chrétienne sur l’opposition absolue entre le bien et le mal. 

    1691906_f520[1].jpg

     

    Des siècles de théologie désincarnée ont provoqué la névrotique et dangereuse dissociation du conscient et de l’inconscient, dont souffre notre société, dissociation que le bouddhisme vient encore aggraver.

    Seule la conciliation des opposés peut exercer un effet thérapeutique. La croix du Christ en est le symbole le plus éloquent, le plus éminent.

    Mais on ne le sait plus. C’est alors le rêve qui, sans craindre la colère des utopistes, offre à l’humain, la nuit, simplement, une initiation qui l’invite à faire dans sa vie l’expérience de la totalité, guidé en cela par ses rêves et non pas par des systèmes intellectuels arbitraires.

    Voilà ce que le rêve cherche à faire comprendre à notre rêveuse, pour la guérir de ses illusions pathogènes d’un amour universel qui exclut le mal.

     

    A l’approche du vendredi saint, jour où le Christ fut crucifié, j’ai voulu vous présenter ce rêve, dont le scénario se déroule ce jour là, pour vous donner le point de vue de l’inconscient. Le rêve dénonce avec violence la façon dont le Christ est ligoté, torturé, défiguré, cassé, mutilé, étripé, castré : cela signifie que la relation personnelle avec la représentation chrétienne originelle de la divinité a perdu toute sa force et son sens.

    On ne comprend plus rien du message chrétien authentique, qui n’a pas été respecté.

    C’est bien aussi ce qui continue de se produire de nos jours et qui nous éclate au visage partout dans l’actualité. Comme il y a 2000 ans, le Christ dans l’âme, la puissance divine, incarnée dans la chair de l’humain, est la risée de ceux qui ne comprennent pas.

    En voici une preuve avec cette image qui vient  d’être mise sur Twitter.

    scandale-alimentaire[1].jpg

     

    L’image est horriblement grinçante au premier degré.

    Mais au deuxième degré, elle pourrait bien représenter la façon dont nos contemporains, comme notre rêveuse, se représentent le divin en eux. Le divin n’est plus qu’une idée, mais une idée fausse et monstrueuse. Ils ignorent que le corps est le temple de Dieu, et que « Dieu ne se prouve pas, mais s’éprouve », dans le corps, dans la chair.

    Ainsi, chez plusieurs, un certain christianisme déjà falsifié avec la "privatio boni", et maintenant affublé de bouddhisme, devient impuissant, incapable de se défendre et d’assumer un conflit, sous prétexte d’amour inconditionnel.

    Jung a bien prévenu de se garder de cette tentation. En effet, selon la loi de l’alternance des contraires, cette utopie d’amour ne peut qu’entraîner son contraire, le déferlement du mal et la haine. Un extrême bascule dans l’autre. Ne le voyez-vous pas ?

    Le message de ce rêve peut paraître invraisemblable et révoltant. Ce n’est quand même pas moi qui enroule le serpent aux pieds du Christ martyrisé.

    Ce rêve s’inscrit dans la lignée des rêves alchimiques qui traitent du problème du bien et du mal. Vous comprenez maintenant pourquoi les alchimistes cachaient ce qu’ils savaient. Ils risquaient leur vie à le révéler. Vous comprenez maintenant aussi pourquoi l’Eglise a condamné les rêves et se refuse toujours à les reconnaître : il peut arriver que leur enseignement vienne contredire le sien.

    dali_christ[1].jpg

     

     

     

     

    Bibliographie

    (1) Psychologie et Alchimie, C G Jung, p. 45, éditions Buchet Chastel, 1970

     

    (2) Rêves à vivre, ch. 14 et 15, éditions de Mortagne

     

    (3) Racine, XVIIème siècle, Athalie, Acte 1, scène 1)

     

    (4) voir par exemple mon étude sur les dents sur mon blog :

    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2007/04/03/interpretation-du-reve-de-manonbonjour-manon.html

     

    (5) Le Christ blessé : mon blog, au 7 mars 2010.

    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2010/03/index.html

     

    (6) Piss Christ ou le Bodhisattva couvert de pisse:

    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2011/10/index.html

     

    (7) Evil, the shadow side of reality, par John A. Sanford, éd. Crossroad New York, p. 66-83.

     

    8) Le Siracide, ch.16, v. 11 ; Traduction œcuménique de la Bible, Alliance Biblique Universelle, 1979, p.1294

     

    (9) La Bible, Jonas, ch4, v. 12

     

    (10) http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2012/04/19/une-question-et-un-peu-d-histoire2.html

     

    (11) La bible, Evangile de St Jean, ch.19, v.23

     

    (12) La Bible, livre de la Genèse, ch.3, v. 1

     

    (13) Essais sur la symbolique de l’esprit, C G Jung, p 238, éditions Buchet Chastel, 1991

     

    Illustrations

    Les deux colonnes du temple :

    http://dailynuts-news.over-blog.com/article-franc-maconnerie-signification-esoterique-des-deux-colonnes-jakin-et-boaz-92458333.html

    Le Christ : Jim Caviezel dans le film de Mel Gibson « La passion du Christ »

    La femme adultère : arts-et-culture.fr

    Piss Christ : lavie.fr ; photographie « Piss Christ » de l’américain Serrano, exposée comme œuvre d’art l’an dernier à Avignon. Serrano a pris une statuette du Christ en plastique, l’a mise dans un flacon, a pissé dessus, y a mis une goutte de son sang et a photographié le tout.

    La tunique rouge portée par le Christ devant Pilate, forum.doctissimo.fr

    Uterus de poule : www.annoncesetanimaux.com

    Christ à droite et Lucifer à gauche : hubpages.com

    Scandale alimentaire : tweet déposé sur twitter par Nicolas Bays, député socialiste du Pas de Calais

    Le Christ de St Jean de la Croix, de l’artiste espagnol Salvator Dali, tableau inspiré par une vision du saint à qui le Christ apparut sur la croix, vu d’en haut.

     


     

     

  • 2 LES RÊVES NE VOUS DISENT PAS CE QUE VOUS CROYEZ

    Dans ma précédente étude, j’ai montré que le rêve conseillait à Loren d’exprimer sa colère. Quand, quelques jour plus tard, elle a senti monter en elle cette émotion instinctive qu’elle refoulait toujours, elle a suivi le conseil de son rêve, elle a exprimé sa colère à son mari.

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

    Alors…ô paradoxe ! Son émotion dite négative a provoqué chez son mari une émotion positive, il l’a prise dans ses bras avec amour. Loren s’est senti libérée, dynamisée, heureuse.

    Examinons la situation :

    Soutenir que la colère est une émotion qui peut être saine, voilà qui contredit les enseignements du Dalaï Lama et du bouddhisme.

    Selon cette philosophie, en effet, la colère conduit à la dépression, à la solitude et la peur, à la souffrance. Le mental est intelligent, tandis que l’émotion est aveugle. C’est l’intelligence qui permet de faire la distinction entre les émotions positives et négatives. Pour supprimer la souffrance et connaître le bonheur il convient donc de vivre selon un système éthique : supprimer les émotions négatives, comme la colère, la haine, la jalousie, l’égoïsme, par exemple, et cultiver les émotions positives, comme la compassion, l’amour, la tolérance, le pardon.

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

    Que dire alors de l’immense colère qui a déferlé dans toute l’Inde et dans le monde entier, quand une étudiante de 23 ans est morte, après avoir été violée et abominablement empalée par 6 hommes dans un autobus à New Delhi ?

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

    Cette vague d’émotion, cette révolte généralisée conduira-t-elle donc à la souffrance ? Ne pourrait-elle pas au contraire amener à une prise de conscience, amener à aimer la femme et la respecter, amener à vivre un peu plus de bonheur ?

    Devrait-on se forcer à manifester de la compassion, de l’amour à ces tortionnaires ?

    C’est ce que le guru  Asaram Bapu a déclaré :

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

    «L'erreur n'a pas juste été commise par un camp. Cette tragédie ne se serait pas produite, si la victime avait chanté le nom de Dieu en tombant aux pieds de ses assaillants et si elle avait appelé ses agresseurs des frères et s'était jetée à leurs pieds »

     

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

    Mais revenons aux rêves :

    Je soutiendrai aujourd’hui cette étude sur le bouddhisme en vous présentant un rêve que reçut une Polonaise, Anna, également disciple du dalaï lama. C’est Ewa, mon élève et amie, polonaise elle aussi, qui me l’a transmis.

     

    Rêve

    Je vois le dalaï lama assis sur un coussin. On dirait qu’il est infirme. A coté de lui je vois une canne ou une béquille et derrière, un peu plus loin, des personnes qui restent debout et qui attendent de le rencontrer. Je me précipite vers lui pour l’aider à se relever, mais au moment où je me suis approchée de lui, j’ai constaté qu’il n’étaitpas tout seul.Autour de lui se tenaient des gardes du corps ce qui voulait dire que dalaï lama est entouré de gens sur qui s’appuyer.

    Je ne me souviens plus si j’ai eu l’honneur de lui serrer la main mais …je marchais à ses cotés et nous discutions.

     

    Commentaire de la rêveuse :

    Bien évidemment, une fois réveillée, je ne me souviens plus du sujet de notre conversation mais je suis sûre d’une chose : ce n’était pas une projection d’esprit, ni mon imagination. Pendant plusieurs jours qui ont suivi mon rêve j’étais dans un état d’excitation particulière, plongée dans une sorte de béatitude. J’ai dégagé de l’intérieur une lumière.

    Malheureusement tout a disparu.

    Par contre je peux vous assurer que j’ai ressenti le même calme intérieur, la même sérénité, un immense sentiment d’amour et de joie lorsque j’avais rêvé de Sri Ravi Shankar.

     

    Etudions maintenant les images de ce rêve

    La question se pose : La rêveuse rencontre-t-elle le dalaï lama dans une expérience objective, réelle en rêve, ou bien le dalaï lama du rêve est-il une représentation symbolique, subjective ?

    Pour la rêveuse, il s’agit d’une expérience réelle. Cependant l’image du maître représente également un dynamisme intérieur dans la rêveuse. Quoi qu’il en soit, la signification du rêve reste la même. Voyons :

     

    Je vois le dalaï lama assis sur un coussin.

    Le célèbre tibétain est assis, dans la position où il transmet ses enseignements.

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

    Au niveau symbolique, l’image de cet homme représente le principe spirituel qui guide Anna dans ses choix. Elle vit selon les préceptes du chef bouddhiste.

     

    On dirait qu’il est infirme..

    Que veut dire infirme ?

    Le mot vient du latin « infirmus ». Il est formé du préfixe privatif « in » devant l’adjectif firmus. In indique le manque : « in – justus », injuste, « in – docilis », indocile.

    « Firmus » en latin signifie : fort, ferme, dur, solide, consistant, résistant, efficace.

    In - firme signifie donc qui manque de force : faible ; qui manque de fermeté : mou, qui manque de solidité : fragile, douteux, maladif ; à quoi viennent s’ajouter les adjectifs in-efficace et in-consistant.

    Ainsi, d’emblée, le rêve met en doute la validité des enseignements de ce maître spirituel.

     

    Je vois une canne ou une béquille

    Le rêve insiste sur l’image : une des jambes est handicapée, créant un déséquilibre entre la droite et la gauche. Il est impossible au saint homme d’être autonome ; sans aide il ne peut ni se tenir debout ni marcher, ni agir seul correctement sur la terre, du fait d’une incapacité à assurer un équilibre entre les deux parties de son être, dans l’alternance des contraires : à la douceur et la compassion manquent la fermeté, la dureté, la force, la consistance, l’efficacité. Le dalaï lama est le représentant de toute une philosophie et de principes que le rêve par conséquent considère boiteux et invalides.

    L’image est sans appel.

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

     

    Je vois un peu plus loin, des personnes qui restent debout et qui attendent de le rencontrer.

     

    Je me précipite vers lui pour l’aider à se relever.

    Anna veut relever le dalaï lama et son enseignement.

    A quoi le rêve fait-il allusion concrètement ? Cet empressement correspond-il à une activité précise dans la vie quotidienne de la rêveuse ? En effet, Anna explique que le jour précédent, elle a envoyé  ses cartes de vœux pour Noël et le Nouvel An. Reniant ses racines spirituelles chrétiennes millénaires, elle a remplacé la traditionnelle carte qui célèbre l’incarnation du divin dans l’homme, la naissance du Christ, par des photocopies des préceptes bouddhistes arrivés dernièrement du Tibet.

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

    Immédiatement le rêve vient commenter son choix de la veille : en faisant du prosélytisme, la rêveuse a essayé de relever, de faire avancer la spiritualité d’un maître boiteux et handicapé.

     

    …mais au moment où je me suis approchée de lui, j’ai constaté qu’il n’était pas tout seul. Autour de lui se tenaient des gardes du corps, ce qui voulait dire que dalaï lama est entouré de gens sur qui s’appuyer.

    Le rêve indique clairement que le maître spirituel n’a pas besoin de son aide à elle.

     

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

    …Je ne me souviens plus si j’ai eu l’honneur de lui serrer la main mais je marchais à ses cotés et nous discutions.

    La main désigne l’activité concrète dans le monde extérieur. Quand deux mains se serrent, un accord a lieu qui invite à un échange actif. La rêveuse le souligne, le rêve ne met pas en valeur cette possibilité, sinon elle s’en souviendrait. Il n’est donc pas question de faire du prosélytisme.

    D’une façon objective et nuancée le rêve invite la rêveuse à discuter, à examiner, à débattre le vrai du faux de cette philosophie. Mais aucune image n’indique qu’elle l’adopterait.

     

    Le ressenti après le rêve

    Il est très important de tenir compte du commentaire d’Anna qui raconte son ressenti, où l’inconscient continue de s’exprimer après le rêve :

    Pendant plusieurs jours qui ont suivi mon rêve j’étais dans un état d’excitation particulière, plongée dans une sorte de béatitude. J’ai dégagé de l’intérieur une lumière.

    Voilà ce que lui apporte le contact avec le dalaï lama.

     

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

    Et Anna conclut :

    Malheureusement tout a disparu.

    La conclusion est là : avec le mot « malheureusement » l’inconscient donne le sens du rêve. L’adepte doit apprendre qu’à tout bonheur succède un malheur ;elle ne pourra pas toujours rester dans cette béatitude éprouvée en rêve. Même si cet état se renouvelle, comme dans son rêve de Sri Ravi Shankar, il ne peut être que provisoire. Elle ne peut pas en tant qu’humaine ne connaître que ce niveau de bonheur. Voilà pourquoi Anna emploie le mot « malheureusement ».

     

    Il est très instructif de comparer cette situation avec ce que dit le livre de sagesse chinois, écrit il y a 4000 ans, le « Yi King », ou « Livre des transformations ».

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

    Le chapitre 52 présente l’hexagramme « L’immobilisation, la montagne ».

    « L’hexagramme traite du problème de la paix du cœur à acquérir. Le cœur est très difficile à calmer. Tandis que le bouddhisme s’efforce d’atteindre le repos par la cessation de tout mouvement dans l’état de nirvana, le point de vue du « Livre des transformations » est que le repos constitue seulement un état polaire, qui a toujours pour complément le mouvement… »

    Et le Yi king poursuit :

    « Ainsi le repos et le mouvement sont harmonie avec les exigences du temps et l’on voit alors naître la lumière et la vie. »

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

     

     

    C’est là le commentaire que fit le vénéré maître chinois, Lao Naï Suan, disciple de Confucius, à l’allemand Richard Wilhelm, à qui il avait confié la traduction du livre de sagesse. Wilhelm le consigna dans le Yi King.

    On constate ainsi que le Yi King rejoint le rêve et présente un point de vue opposé au bouddhisme.

     

    De la même façon Jung, qui a interprété plus de 80 000 rêves dans sa vie, explique :   « En tant que processus énergétique, la vie génère des contradictions sans lesquelles on sait qu’il ne peut y avoir d’énergie. Le bien et le mal ne sont que l’aspect moral de ces contradictions naturelles…Il est impossible d’éviter la souffrance, qui fait indubitablement partie intégrante de la vie. La tension qui existe entre les contraires et qui permet à l’énergie d’exister est une loi universelle que le yang et le yin de la philosophie chinoise, traduisent avec pertinence. » (2)

     

    Dans sa magnifique introduction du Yi King qu’il a traduit en français, Etienne Perrot à son tour rappelle la loi universelle des contraires :

    « … nous savons qu’il n’est pas d’acquisition définitive ; tout moment est passage, l’apogée contient le germe du déclin, la défaite prépare la victoire future…Ainsi nous nous gardons de nous identifier à l’extrémité heureuse ou malheureuse où le sort nous a portés, pour considérer toujours en elle la présence secrète mais déjà en œuvre du pôle contraire. » (3)

     

    Toute montée est suivie d’une descente. A monter trop haut dans la félicité on retombe très bas, dans la dépression, l’angoisse et la douleur. Vouloir le haut sans accepter le bas est une illusion. Voilà pourquoi le rêve présente comme invalides le dalaï lama et son enseignement, qui par principe excluent le bas, les émotions instinctives, dites négatives. Ces préceptes spirituels boiteux ne tiennent pas la route.

     

    Remarque

    En tant qu’interprète de rêves, mon rôle est de vous transmettre aussi fidèlement que possible le point de vue des rêves. Je ne suis pas responsable des rêves que l’inconscient donne aux rêveurs.

    Je ne peux pas vous faire part non plus de tous les rêves que m’ont racontés des pratiquants du bouddhisme, mais, hélas, dans leurs rêves, ils étaient handicapés. Infirmes, ils ne pouvaient pas tenir sur leurs jambes.

    interprétation des rêves,christiane riedel interprète de rêves,dalaï lama infirme,principes bouddhistes invalides,Yi King,Richard Wilhelm,Carl Gustav Jung,Etienne Perrot,alternance des contraires

     

     

    La prochaine fois, je vous présenterai un rêve qui décrit l’état actuel du christianisme, de l’état de l’âme chrétienne en France.

    J’ai déjà exposé sur mon blog le rêve reçu par une jeune chrétienne au sujet du Christ, qui, comme le Dalaï Lama, apparaissait invalide, estropié dans le rêve.

    Vous le trouverez au 7 mars 2010.

    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2010/03/index.html

    Je vous en recommande la lecture pour avoir le point de vue de deux rêves sur deux attitudes spirituelles actuelles, le bouddhisme et le christianisme. Force est de constater que le monde intérieur les juge, l’une et l’autre, déficientes et infirmes.

     

     

    Bibliographie :

    Mon blog :

    J’ai déjà abordé le sujet des préceptes bouddhistes en 2010, en particulier avec deux rêves, reçus,

    - l’un par un professeur de yoga

    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2010/01/index.html

     

    - et l’autre par une disciple du Dalaï Lama.

    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2010/02/index.html

     

    Ces deux rêves venaient montrer aux rêveuses la nécessité de retrouver la dimension corporelle, les ressentis, les émotions, au lieu de prétendre s’élever à des niveaux conscients désincarnés.

     

     (1) Article dans Paris Match de l’envoyée spéciale en Inde Claude Verniez-Palliez, 10 janvier 2013.

     

    (2)  Essais sur la symbolique de l’esprit, C G Jung, éd. Albin Michel, 1991, p.238.

     

    3) Yi King, le Livre des Transformations, version allemande de Richard Wilhelm, préfacée et traduite par Etienne Perrot, éd. Librairie de Médicis, introduction : p. xii

     

     

    Illustrations

    Femme en colère : 7sur7.be

    Visage en colère : sagarwrites.wordpress.com

    Surmonter les émotions destructrices : attitudezen.org

    Vague de colère en Inde : lepoint.fr

    Guru Asharam-Bapu : telegraph.co.uk

    You can get raped…lenouvelliste.ch

    Visage du Dalaï Lama : lemonde.fr

    Dalaï lama assis : erowid.org

    Disciples : dalailama.com

    Carte de voeux en Pologne : zazzle.fr

    Dalaï lama n’est pas seul : buddhachannel.fr

    Gardes du dalaï lama: ladepeche.fr

    Sourire du

    dalaï lama: terrederepos.tv

    Béatitude : ?

    Boiteux :commons.wikimedia.org
     

     

  • LES RÊVES D' UN GENERAL AHURISSANT (8)

     

    Patton[1].jpg 

    Toujours suivant mon sujet, je vous propose aujourd'hui de découvrir comment un rêve guida le général Patton en 1944 pour repousser les armées allemandes.

    Nous sommes fin 1944, les Allemands reculent sous la pression des armées alliées libérant la France, commandées du côté américain par le général George Patton.

    A la fin de l’année, les troupes américaines se trouvent dans l’Est de la France, en Belgique, et au Luxembourg et s’apprêtent à entrer en Allemagne.

    En décembre 1944, Hitler décide alors de reprendre l’offensive. Il prévoit d'enfoncer le front allié en son maillon le plus faible, dans les Ardennes, et, but suprême de l'opération, de monter prendre Anvers au nord. Coupés du port belge, les Alliés se retrouveraient privés de leur principal point de ravitaillement qui leur assure leur formidable machine de guerre.

     

    Sur la carte ci-dessous vous voyez en ligne bleu hachurée le front américain vers le 9 décembre 44.

    En lignes rouges, vous voyez les mouvements prévus des forces allemandes, qui, pour monter vers Anvers, doivent crever le front américain.

    germplan[1].gif

     

    Milieu décembre, les Allemands, dans le plus grand secret, se déploient alors la nuit, sur la Belgique, le Luxembourg et le nord-est de la France. Personne n’est au courant, les Alliés ignorent totalement l’opération.

    battleofthebulgemap[1].jpg

    La ligne noire qui borde la zone allemande rouge représente le front américain le 15 décembre 1944.

    Les flèches rouges représentent l’attaque des armées allemandes qui vont réussir à faire reculer les lignes américaines.

    Le 16 décembre l’armée allemande a concentré 250.000 hommes sur le point dégarni des armées alliées entre la Belgique et le Luxembourg. 

    Alors commence la Bataille des Ardennes, qui sera la plus grande, la plus terrible  bataille d’Europe, dont beaucoup de Français n'ont jamais entendu parler.

    27b[1].jpg

    Trois jours plus tard, le 19 décembre, le général  Eisenhower, resté jusqu’alors inconscient du danger, prend enfin la mesure de la situation.  Très inquiet il réunit tous les commandants des armées pour décider comment répondre à l’offensive allemande.

    m198130600050[1].jpg

    7 généraux sont là et de nombreux officiers. Eisenhower veut envoyer des renforts pour aller soutenir les troupes en position de faiblesse dans la partie appelée « le saillant ». Voici une carte pour vous permettre de bien comprendre la situation et les forces déployées.

    220px-P41(map)[1].jpg 

    En bleu : les lignes américaines

    En rouge, les attaques allemandes

    - la ligne bleu hachurée indique les positions américaines en France, Belgique et Luxembourg

    - le saillant : la ligne bleue sur la gauche, qui ressemble au nez de Cyrano, trace le recul des troupes américaines dans les Ardennes. C’est la ligne de moindre résistance qui ne doit pas se rompre.

    - les flèches rouges montrent les avancées de l’offensive allemande formant le saillant.

     

    Pour contre-attaquer, Eisenhower décide de déplacer des centaines de milliers d’hommes, les uns venant du Nord, les autres du Sud. Ils viendront renforcer les forces américaines affaiblies dans le saillant.

    Dans le Sud est engagée la Troisième Armée, qui prépare l'offensive sur Francfort. Elle est commandée par le général Patton.

    3coat[1].JPG

    Eisenhower demande à Patton le temps qu’il lui faudra pour déplacer six de ses divisions.  

    - Mes troupes seront sur place dans 2 jours, le 21 décembre, répond Patton. 

    Les généraux, habitués aux déclarations fracassantes de l’excentrique général « rigolent » un peu car le délai leur semble complètement irréaliste. Pour eux, 6 jours sont le minimum.

    Eisenhower, stupéfait, s’exclame :

    - George, ne fais pas l’imbécile, tes divisions ne seront jamais prêtes, tu vas te faire couper en rondelles ! ».

    american-four-star-general-george-s-patton-j[1].jpg

    « Dans l'esprit des stratèges alliés, c'est en effet un pari insensé : il faut faire pivoter de 90 degrés l'axe d'attaque de tout un corps d'armé de 100 000 hommes, et le déplacer, au contact de l'ennemi, sur une distance de plus de 200 km, de la Sarre au Grand-Duché de Luxembourg. C’est pratiquement impossible, tant au niveau humain que logistique »*.

    On est en plein hiver, les températures sont glaciales, la vue est bloquée par le brouillard, la pluie, la neige, on n’y voit pas à quelques mètres, les routes sont impraticables dans la boue et le verglas, les tanks patinent et n’avancent pas.

    661px-Tanks_and_Infantrymen_on_the_way[1].jpg 

    Eisenhower, complètement incrédule, répète sa demande à Patton :

    - Quand est-ce que tu peux lancer les opérations ?

    - Dès que nous aurons fini notre conversation, répond le général de la troisième armée.

    Patton se lève, quitte la salle, trouve un téléphone, entre en contact avec son état-major et prononce deux mots :

    - Play ball, démarrez la partie !

    C’est le code pour lancer les troupes. Et certaines sont déjà en route.

    Patton a déjà prévu tout le déroulement des opérations et il a tout organisé : le dégagement du réseau routier, l’organisation des transports des soldats par véhicules, l’approvisionnement en essence, les ravitaillements, les munitions, la sécurité, et l’ordre de bataille.

    La rapidité de la 3e Armée va se révéler surprenante.

    Comme promis, en 48 heures, 133.000 véhicules parcourent environ 250 km, transportant environ 100.000 hommes et 62.000 tonnes de matériel.

    ardennes[1].jpg  

    Et comme Patton l’avait annoncé, le 21 décembre 1944, les troupes sont sur place, prêtes à l’attaque. 

    Patton_Blood_and_Guts.38165004[1].jpg

    Maintenant, des forces gigantesques sont en place  : 600.000 soldats américains, 500.000 soldats allemands, tous aussi valeureux les uns que les autres, vont s’affronter les jours suivants dans les Ardennes belgo-luxembourgeoises.

    Battle_of_the_Bulge_St-Vith[1].jpg

    Ce fut la plus grande, la plus sanglante et la plus héroïque bataille de la guerre en Europe.

    80.000 soldats américains, 100 000 soldats allemands se sacrifièrent en cette fin d’année 1944.

    5461155_l[1].jpg

    29134[1].jpg

    Hommage leur soit rendu.

    Merci à ces soldats américains qui dans cette bataille des Ardennes ont donné leur vie pour notre liberté.

         

    Un mois plus tard, le 15 janvier, les armées allemandes se replient, elles ont perdu la Bataille du Saillant.

     

    Mais revenons au Général Patton.  

    Une question intrigue :

    Comment Patton a-t-il pu réussir son formidable exploit, unique dans l'histoire militaire ? Comment en-est-il venu à devancer son commandant en chef Eisenhower ?

    Ce que les généraux américains ignorent le 19 décembre 44, ce qu’on ignore encore souvent, c’est que le général Patton vient d’écouter ses rêves et les inspirations qui sont venues le réveiller la nuit. 

    7_61_320_patton[1].jpg

    Ce fait est relaté par Ladislas Farago, le biographe de Patton.  

    Alors qu’à partir du 16 décembre les troupes allemandes se concentrent pour préparer l’offensive, Patton  peu auparavant se réveille une nuit. Il fait appeler d’urgence son secrétaire, Rosevich, qui le trouve en train d’enfiler son uniforme sur son pyjama.

    A la hâte, le général lui dicte immédiatement, point par point, les ordres des opérations pour contre- attaquer une offensive allemande.

    Patton explique à Rosevich qu’à 3 heures du matin il s’est réveillé en sursaut, sans raison apparente. Il sait intensément à ce moment-là que l’offensive allemande va avoir lieu et il voit clairement toutes les images de la marche à suivre : les différentes opérations à mener, l’intendance, tout lui apparaît formulé à l’esprit. Dans la vie éveillée, au niveau conscient, il ignore complètement que l’ offensive allemande est  imminente.

    c408dd656d1eff48_large[1].jpg

    C’est donc dès avant le 16 décembre que Patton donne l’ordre à son état major de désengager des éléments de son armée de leur position dans la Sarre, pour monter au Nord attaquer par surprise les troupes allemandes dans les Ardennes.  Et ce, 3 jours avant que le général Eisenhower ne soit informé de la gravité de la situation et n'envisage la contre-offensive.

     

    Le général Patton était fermement convaincu qu’il avait été un guerrier dans plusieurs incarnations précédentes. Il disait qu’il avait des facultés psychiques qui lui permettaient de deviner les intentions et les mouvements de l’ennemi, bien avant son service de renseignements. Il faisait attention à ses rêves et souvent, il avait appelé son secrétaire dans la nuit, pour lui dicter les plans d’opérations qui venaient de lui apparaître en rêve.

    Ainsi, autrefois comme aujourd’hui, les rêves viennent toujours inspirer les chefs d’armées.

    general_patton_and_quote_card-p137612830246738447qi0i_400[1].jpg

    Les rêves n'indiquent pas seulement comment conduire les armées, ils peuvent aussi appeler à la paix. C'est ce que nous verrons la prochaine fois. 

     

    * Extrait du blog :jacqueline-deversaux.blogspot.com

     

    Illustrations

     

    Je remercie les photographes et les blogs qui m’ont permis d’illustrer mon article.

    Patton : interet-general.info

    Eisenhower : geh.org

    Patton : wargodpatton.blogspot.com

    Patton : smashhingusa.com

    Hiver dans les Ardennes : panoramio.com

    Transport dans la neige : jacqueline-deveraux.blogspot.com

    Bastogne libérée : 3armyusa08.e-monsite.com

    Patton :myspace.com

    Mémorial américain dans les Ardennes

    Mémorial allemand dans les Ardennes

    Patton : hurletarage.com

    Patton : wargodpatton.blogspot.com

    Patton : ?

     

     

     

     

  • LE RÊVE DE BISMARCK (7): APPROCHE CRITIQUE DE L'INTERPRETATION FREUDIENNE

    Il y a bientôt un an, j’ai commencé l’étude des rêves célèbres de chefs politiques ou militaires.

    Selon l’ordre chronologique, nous voici maintenant arrivé au XIXème siècle. Nous allons voir le rêve d’un homme puissant, qui a transformé l’histoire de l’Europe : Il s’agit de Bismarck, qui, pendant presque 30 ans, de 1862 à 1890, fut ministre président du royaume de Prusse ; il construisit l’unité allemande et devint chancelier de l’empire allemand en 1871.

     

    Situons d’abord ce rêve dans son contexte historique :

     

    Un peu d’histoire

    Depuis le Moyen Age, le saint Empire Romain Germanique était constitué du Nord au Sud de pas moins 350 états.

    Voici une carte du Saint Empire en 1648, qui montre cette multiplicité des royaumes, duchés, comté, baronnies.

     

    Holy_Roman_Empire_1648[1].jpg

    Napoléon 1er, dissout ce conglomérat gigantesque et construit la Confédération du Rhin, composée de 39 états, dont la Prusse et l’Autriche sont exclues.

     

    464473_1[1].jpg 

    Il met ainsi en route le mouvement d’unification de l’Allemagne.

    En 1815, après la chute de l’empereur, plusieurs états allemands s’unissent pour former la Confédération Allemande.

    Allemagne-1820[1].jpg

    En bleu turquoise le royaume de Prusse.

    En jaune l’Empire autrichien

    En différentes couleurs les autres états allemands formant la Confédération Allemande.

     

    Au début des années 1860, l’Autriche et la Prusse s’affrontent en face de la Confédération. Le premier ministre prussien, Bismarck, veut développer l’importance de la Prusse et regrouper les états d’Allemagne du Nord sous sa direction, limitant ainsi le pouvoir de l’Autriche.

     

    Otto+von+bismarck3.jpg

     

    Cette montée en puissance de la Prusse entraîne les plus graves tensions diplomatiques.

     

    Bismarck dans ses mémoires reproduit une lettre qu’il écrivit le 18 décembre 1881 à l’empereur Guillaume.

    « Ce que me dit votre Majesté m’encourage à lui raconter un rêve que j’eus au printemps de 1863, dans les jours les plus difficiles, alors que nul œil humain ne voyait d’issue possible".

     

    Rêve

    « Je rêvai, et je le racontai le lendemain matin à ma femme et à d’autres témoins, que je chevauchais sur un étroit sentier des Alpes.

     

    alpes21[1].jpg

    A droite l’abîme, à gauche les rochers ; le sentier devenait de plus en plus étroit, si bien que mon cheval refusait d’avancer et que le manque de place rendait impossible de revenir en arrière ou de mettre pied à terre ; alors je frappai la muraille du rocher de ma cravache que je tenais dans ma main gauche et j’appelai Dieu à mon aide ; la cravache s’allongea à l’infini, le mur du rocher s’écarta comme une coulisse et ouvrit un large chemin d’où on voyait des collines et des pays boisés comme en Bohême et des troupes prussiennes avec des drapeaux. »

    En rêve je me demandais comment je pourrais prévenir rapidement votre Majesté. » 

     

    Le rêve décrit de façon très précise les difficultés croissantes que rencontre l’homme d’Etat et qui le font aboutir à une impasse. Il lui indique aussi la solution : frapper le rocher de sa cravache qu’il tient dans la main.

    Le rocher est l’obstacle infranchissable, et pourtant il s’ouvre.

    Avec l’image de la cravache, le rêve montre à l’homme d’état qu’il détient l’autorité. En l’imposant de façon brutale, il pourra trouver la solution : brusquer la situation, prendre l’offensive, déclarer la guerre à l’Autriche, et envoyer son armée en Bohême, comme l’indique l’image des troupes prussiennes avec des drapeaux, promettant la victoire.

     

    sadowa.JPG

     

    Le rêve emploie une image étonnante : la cravache s’allonge à l’infini,

    Que penser de cette expression « s’allonger à l’infini »?

     

    Ce rêve est venu conseiller Bismarck en 1863. On sait, d’après l’expérience avérée des spécialistes de l’interprétation des rêves, qu’il faut environ deux ans et demi, avant qu’un élément, montré en rêve, ne se réalise concrètement dans le monde terrestre.  On constate ainsi qu’en 1866, 3 ans après le rêve, eut lieu entre la Prusse et l’Autriche la bataille de Sadowa en Bohême, comme le rêve l’avait montré.

    La Prusse victorieuse annexa de nombreux Etats et forma autour d’elle la Confédération d’Allemagne du Nord. Bismarck réalisa son ambition d’unifier l’Allemagne, qui s’étendit désormais de la Sarre au Niemen.

     

    Allemagne-1867[1].jpg

    En bleu turquoise la Confédération d’Allemagne du Nord, sous la domination prussienne.

    En mauve l’Allemagne du Sud, l’Autriche et les pays voisins.

     

    L’Europe, sous le choc, fut frappée d’un coup de tonnerre et constata soudainement « l’expansion vertigineuse » de la Prusse, selon l’expression des historiens.

    Ne serait-ce pas là ce qu’indiquait l’image de la cravache qui s’allonge à l’infini ?

    Cette expansion vertigineuse concerne tout aussi bien le pouvoir que prend Bismarck dans le destin de l’Allemagne. Il fait preuve d’ «une incroyable puissance ».

     

    otto_v_bismarck.jpg 

    Il veut unifier les États du Sud à la Confédération du Nord et par là-même réaliser l'unification totale de l'Allemagne. En 1870 il mène la guerre victorieuse contre la France, ce qui conduit à réunir les Etats du Sud à ceux du Nord. Ainsi est accomplie l’unification de l’Allemagne sous la domination prussienne.

     

    otto_von_bismarck[1].jpg 

    En 1871 l’Empire allemand est proclamé dans la Galerie des Glaces du Château de Versailles.

     

    2ème reich 1870.jpg 

    Bismarck apparaît comme le fondateur de l'Empire allemand, il en est l’homme le plus puissant.

    En effet, il cumule plusieurs fonctions prépondérantes :

    - Dans l'Empire, il est le Chancelier , appelé "le Chancelier de fer"; il est aussi le Président du Conseil Fédéral.

    - Dans le royaume de Prusse, il est ministre-président et ministre des Affaires Etrangères.

     

    Bismarck1866-198x300[1].jpg

    Pour ces raisons la volonté du chancelier prime en général sur celle de l'empereur.

    En 1890 l’empereur Guillaume II, arrivant au pouvoir, ne s’y trompe pas : Il dit même« Il s’agit de la question suivante : dynastie Hohenzollern ou dynastie Bismarck.»

     

    BismarckGuillaume1er[1].jpg

    Ce qu'annonçait le rêve s'est bien réalisé : la cravache, symbole de l'autorité, s'est allongée à l'infini, on ne peut dire jusqu'où elle s'étend.

     

    Voyons maintenant

    Une autre interprétation

    Il me semble intéressant de vous faire connaître aussi une autre interprétation du rêve de Bismarck que donna l’ami de Freud, le Dr Hanns Sachs. Freud ratifia et publia cette interprétation dans son livre « L’interprétation des Rêves » (1) en 1899.

    Après avoir montré avec beaucoup de justesse combien le début du rêve décrit l’impasse où se trouve Bismarck en 1863, Sachs effleure l’hypothèse d’un rêve prémonitoire qui cependant ne lui parait pas justifiée. Il interprète ce rêve selon la théorie freudienne, comme l’accomplissement d’un double désir :

    D’une part ce rêve accomplirait le désir de Bismarck de mener une guerre victorieuse sur l’Autriche.

    D’autre part, selon Sachs et Freud, le rêve de cet homme de 48 ans est la réalisation d’un désir très lointain, remontant à l’enfance, celui de se masturber, désir qui ne concerne pas la vie actuelle du rêveur mais son passé. Le rêve vient ainsi satisfaire un désir que l’enfant  Bismarck  aurait éprouvé environ 40 ans auparavant.

     

    220px-Bismarck11Jahre[1].jpg 

    Sachs écrit :

    « La cravache, la canne, la lance et tous les objets de cette espèce sont des symboles phalliques courants ; mais quand cette cravache possède encore la propriété de s’étendre, particulière au phallus, aucun doute n’est plus possible. Le fait de prendre la cravache dans la main est une allusion très claire à la masturbation. Il ne s’agit évidemment pas de la vie actuelle du rêveur, mais d’un désir d’enfance très lointain…. Nous avons ici un exemple type de déformation du rêve parfaitement réussie. L’inconvenant a été retouché.. .C’est un cas idéal d’accomplissement de désir réussi sans que la censure en souffre. »

     

    Censure[1].jpg 

    Vous pourrez lire cette analyse in extenso, en allant sur le lien :

    didel.script.univ-paris-diderot.fr/claroline/.../download.php?url...

     

    A la première lecture on semble séduit : l’étude paraît subtile. A la réflexion, elle se révèle élucubrée. Les affirmations sont gratuites et s’appuient sur des phrases du genre : « Nous pouvons aisément admettre que… ». La démonstration compliquée ne repose sur aucun fait vérifiable.

    Qu’est-ce donc qui permet, entre autres choses, d’affirmer que le jeune Bismarck a refoulé son désir de se masturber ? Mais qu’en sait-on ?

    Quant à un pénis, comment prétendre qu’il s’allonge à l’infini ?

    Et qu’est-ce qui permet d'établir la comparaison entre une cravache, une lance, une canne et le membre viril ? En quoi la métaphore est-elle démontrée, justifiée ?

    Ne trouvez-vous pas que ce sont là des "équivalences symboliques extravagantes"* ?

    Cette interprétation ne serait-elle pas un exemple d' "affabulation freudienne", comme le dénonce le titre du livre du philosophe Michel Onfray ? (2)

     

    whats-on-a-mans-mind[1].jpg 

    Mais revenons au rêve pour conclure :

    Bismarck, en recevant ce rêve, a fait la même expérience que connaissaient déjà les hommes politiques à travers les âges. Je ne peux pas tout citer, je me suis limitée aux exemples de Gédéon, Alexandre, César. Il en existe bien d’autres. Ces hommes tenaient compte de leurs rêves pour prendre leurs décisions.

     

    vonbismarck_otto[1].jpg

      

    La prochaine fois, nous verrons comment le général Patton, chef des armées américaines qui libérèrent la France, reçut un rêve qui le mena à la victoire.

     

    * "équivalences symboliques extravagantes" : l'expression est de Michel Onfray.

     

    Bibliographie :

    (1) "L’interprétation des rêves" de Freud, 1899, p. 325 et suivantes

    (2) "Le crépuscule d'une idole, l'affabulation freudienne", Michel Onfray, éditions Grasset.

     

     

    Illustrations

    Je remercie les artistes dont les œuvres m’ont permis d’illustrer mon blog.

    Chemin dans les Alpes : pierre.chaumeil.pagesperso-orange.fr

    Sadowa :rights.bellona.pl ; Ouvrage de Ryszard Dzieszynski : Sadowa 1866

    Bismarck dans son bureau en 1886 : de.wikipedia.org

    Bismarck chancelier : born-today.com

    Guillaume 1er et Bismarck : histoiresincroyables.odigale.fr

    Bismarck à 11 ans : fr.wikipedia.org

    Censure : garandel.e-monsite.com

    Sigmund Freud : "What’s on a man’s mind…": priceminister.com

    Auteur non identifié ; serait-ce Octavio Ocampo ?

    Bismarck : born-today.com