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LES CADEAUX DE NOËL : POINT DE VUE D'UN RÊVE D'ENFANT

LES CADEAUX

Beaucoup d’entre nous ont gardé dans un coin de leur cœur le souvenir enchanté de Noël, de l’instant où leurs désirs étaient comblés. Nous avons toujours envie, quelque part, de nous faire gâter, de recevoir des cadeaux, de voir tous nos vœux se réaliser. Et ce désir est parfois si fort que le rêve vient alors la nuit nous instruire et nous éduquer, nous montrer son point de vue qui peut nous paraître si surprenant.
Aujourd’hui, je voudrais vous raconter un rêve merveilleux et terrifiant, mais combien pédagogique !
Il a été reçu par Nathalie, une petite fille de six ans, comme toutes les autres petites filles.
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C’était à Noël, elle passait ses vacances chez ses grands parents.
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Elle me raconta son rêve et les circonstances où il survint :
« La veille de Noël, nous dînions tous attablés en famille. Mon grand père nous demanda à nous ses petits enfants si nous croyions au Père Noël. Nous lui répondîmes tous que si le Père Noël n’existait pas, les lutins seraient au chômage. Il éclata de rire et déclara que nous avions bien raison.
Lorsque le dîner fut terminé, j’allai me coucher, tout en pensant à ce que mon grand père avait dit. J’avais peur : Si le père Noël n’existait plus, alors, nous n’aurions plus de cadeaux.
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Cela m’inquiétait beaucoup. Je m’endormis bientôt.
Je fis un rêve atroce, pire qu’un cauchemar.


Rêve
C’était la veille de Noël. Nous étions tous en train de dîner chez mes grands parents, comme cela venait d’avoir lieu en effet. Tout d’un coup, dehors, le ciel devint sombre, et à l’intérieur de la maison, tout changea.
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Le sapin de Noël avait pris un air diabolique.
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Les guirlandes devinrent affreuses,
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Elles se mirent à faire des grimaces féroces, atroces.
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Je m’aperçus que tout le monde avait disparu je ne sais où.
Ce fut alors que le Père Noël apparut accompagné de lutins. Il était habillé en noir,
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Il déposa sa hotte devant moi.
Dedans c’était plein de cafards.
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Il m’en donna un.

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BOUM ! Le cafard explosa.
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Je croyais que c’était fini, que j’allais me réveiller, mais le rêve se poursuivit, toujours plus horrible. Mon grand père arriva et voulut me protéger, mais les lutins l’enfermèrent dans le placard. A ce moment là je pris une guirlande et me mis à fouetter le Père Noël. Les lutins éclatèrent en larmes et dirent que si je tuais le Père Noël, ils seraient tous au chômage.
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Alors j’ai posé ma guirlande et je me suis réveillée.




Interprétation
Quel cauchemar ahurissant ! Que peut-il vouloir dire à cette petite fille ?
Avec une sagesse très grave, le rêve tente de lui faire comprendre qu’à Noël il ne s’agit pas seulement de recevoir des cadeaux. Si l’on ne songe que par rapport à soi même, alors les cadeaux deviennent de la pourriture, ils gâtent et corrompent, et sitôt reçus, ils explosent à la figure, ne fournissent aucune satisfaction. Prenons garde alors de ne point gâter, pourrir nos enfants en les couvrant à Noël de cadeaux.
S’agit-il pour autant de condamner le Père Noël en le fouettant, comme tente de le faire la petite Nathalie ? Certainement pas, à l’avis de tous et du rêve également, cela plongerait les lutins dans la tristesse et le chômage.
Les lutins sont ces humains de petite taille, qui viennent aider les humains de grande taille.

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Ils fabriquent dans le secret toutes sortes de petits trésors destinés aux humains. Avec presque rien, mais avec astuce, ingéniosité et amour, ils transforment la matière en objets qui ravissent les adultes.
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Si on supprime le Père Noël et les cadeaux qu’on offre aux autres, alors on prive les lutins de leur activité créatrice, les enfants perdent l’occasion de chercher à faire plaisir, de se creuser la tête pour trouver des idées de cadeaux et les réaliser.
Rien ne vient alors stimuler leur créativité ni leur habileté manuelle. Les petits lutins sont au chômage et pleurent devant cette perspective désolante.

A cette petite Nathalie, le rêve enseigne déjà que la fête de Noël ne consiste pas seulement à être gâtée par les adultes. Elle ne doit pas oublier que Noël, c’est aussi pour les petits l’occasion de penser aux autres, d’inventer, de confectionner avec amour des petits cadeaux, comme le faisaient les lutins des légendes d’autrefois.

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Ces petits lutins, symbolisent ici les impulsions créatrices qui transforment la matière grâce à leur esprit et leur activité.
Il y a de la joie à recevoir, mais aussi à offrir, surtout si un enfant, avec d’humbles moyens, a tout sorti de son cœur, de sa tête et de ses mains.
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Illustrations
Je remercie les artistes dont les œuvres m’ont permis d’illustrer mon blog.
Diable rouge : diable origami : http.www.korimage.free.fr
Grimaces : grimaces-du-973.skyrock.com
Explosion : www.infos-du-net.com
Lutins : creaturesimaginaires.ifrance.com

Je ne retrouve pas les coordonnées de certaines illustrations. Je prie les auteurs de ne pas m’en tenir rigueur, et de bien vouloir me les indiquer. Je les donnerai alors immédiatement sur mon blog.

Commentaires

  • Bonjour Christiane,

    J'ai lu avec beaucoup d'intérêt ce rêve et l'interprétation que vous en donnez. De mon côté je me disais ceci, qui recoupe sans doute peu ou prou votre lecture de ce rêve : Ne plus croire au Père Noël cela donne le cafard. Le rêve semble dire à la fillette - de façon très simple et imagée, bien sûr ! - qu'un point de vue trop rationaliste, un point de vue trop cartésien qui écarte la dimension magique et merveilleuse de la vie conduit à une forme de dépression, à un cafard inconsistant, à une certaine mélancolie, à un certain mal de vivre qu'il est difficile de saisir ou qui se répand dans la personne atteinte (qui explose). Les lutins mettent au placard le grand-père qui est un représentant de ce point de vue asséchant car eux-mêmes ne demeurent vivants chez cette fillette que si ce point de vue n'assèche pas la fontaine des merveilles où leur créativité s'abreuve. La sécheresse du conscient a besoin de l'humidité de l'inconscient pour que la vie soit éclairée d'une lumière joyeuse et toujours renaissante : la lumière de petits Noëls quotidiens, celle de petits lumignons portés par les lutins.

    Merci pour tout ce que vous offrez ici et bravo pour votre démarche visant à redonner aux rêves toute la place et toute l'attention qu'ils méritent.

    Joyeux Noël !

    Amicalement,
    Pascal

  • Un petit lutin ou un petit oiseau me glisse aujourd'hui à l'oreille que frapper le Père Noël avec une affreuse guirlande grimaçante c'est "L'ENGUIRLANDER", lui faire reproche et le rejeter au lieu de l'accueillir avec joie et reconnaissance. C'est vraiment adopter le point de vue rationalisant qui chasse le merveilleux et l'inattendu. La jeune rêveuse connaissait-elle le sens de ce verbe que le rêve semble bien suggérer en images...?

    Pascal

  • Le changement d'aspect du sapin retient mon attention :

    "Le sapin de Noël avait pris un air diabolique." Le sapin au feuillage persistant, toujours vert, n'est plus alors le symbole d'un trait d'union entre les opposés que sont la croissance et la décroissance de la lumière au cours du cycle naturel, entre le jour et la nuit, entre le conscient et l'inconscient, entre le monde intérieur et le monde extérieur ; puisqu'il est marqué par l'influence du Diable. Le Diable étant celui qui sépare ou nous pousse à séparer (étymologiquement : celui qui nous fait jeter de part et d'autre, disperser, désunir, diviser...) et installer durablement dans l'opposition ces composantes que le chemin de l'individuation, cher à C.G.Jung, conduit à réunir ou à concilier harmonieusement en nous-mêmes. La question "mécréante" du grand-père est donc en quelque sorte diabolique puisqu'elle fait violence au lien entre les opposés (ou le rompt) et pervertit le symbole unificateur .

    Pascal

  • Bonjour Pascal,

    Je vous remercie de votre sympathique appréciation. Merci aussi de vos commentaires sur ce rêve qui vous a inspiré.

    Je me suis intéressée à votre analyse que je ne partage pas et je viens apporter quelques explications.
    Vous faites reposer toute votre étude du rêve sur la question que posa le grand père dans la réalité : croire ou non au Père Noël ; et vous trouvez cette question « mécréante ». Je la rappelle :
    « Mon grand père nous demanda à nous ses petits enfants si nous croyions au Père Noël. Nous lui répondîmes tous que si le Père Noël n’existait pas, les lutins seraient au chômage. Il éclata de rire et dit que nous avions bien raison. »
    La position du grand père est donc bien qu’il convient de croire au Père Noël. Dans le rêve, c’est lui qui cherche à protéger la petite fille du danger que représente ce nouveau Père Noël aux cadeaux dangereux, il défend la position traditionnelle.
    Il me semble donc que vos considérations ne sont pas justifiées. Le grand père ne se présente pas comme un mécréant et la question n’est pas mécréante.
    Cependant pour les enfants au dîner ce soir là, ce qui importe ce ne sont ni la croyance au Père Noël ni les cadeaux qu’il apporte, ce qui importe c’est l’activité des petits lutins à la même occasion. Et c’est précisément ce point que reprend le rêve.

    Voyons exactement sa situation. L’enfant raconte les pensées qui l’ont troublée à son coucher. Elle dit :
    « J’avais peur : Si le Père Noël n’existait plus, nous n’aurions plus de cadeaux. Cela m’inquiétait beaucoup. »
    Ce n’est pas ce que les enfants ont dit à table, mais c’est sa propre réaction qui ressort maintenant.
    Le vrai problème, il est là : que le père Noël existe ou non, cela ne la tourmente pas, ce qui lui fait peur c’est de ne pas avoir de cadeaux. La petite ne pense qu’à elle et à son plaisir.
    Et c’est sur ce point que le rêve intervient pour lui montrer ce que devient la fête dans son optique égoïste. Le cadeau, un cafard qui gâche tout, corrompt l’enfant qui devient gâtée comme le dit l’expression imagée. N’est-ce pas là la marque de notre société corrompue où la publicité et l’avidité pousse à avoir, encore et encore plus, recevoir, gagner ?

    Par contre, selon votre analyse, c’est le point de vue rationaliste du grand père qui corrompt.
    Vous dites:
    « Ne plus croire au Père Noël cela donne le cafard.
    Le rêve semble dire à la fillette - de façon très simple et imagée, bien sûr ! - qu'un point de vue trop rationaliste, un point de vue trop cartésien…écarte la dimension magique et merveilleuse de la vie…
    (Entre nous soit dit, en quoi est-ce « trop » rationaliste et « trop » cartésien de dire que le Père Noël n’existe pas ? C’est quand même exact et le merveilleux de la vie ne se situe pas au niveau des mignonnes, voire puériles croyances enfantines.
    Et vous, avez-vous le cafard de ne plus croire au Père Noël ?)

    Revenons à l’analyse rigoureuse des images :
    « Ne plus croire au Père Noël cela donne le cafard.
    Comment expliquez-vous que ce soit le Père Noël lui même qui vienne donner comme cadeau le fait de ne pas croire en lui ?
    Je n’arrive pas à suivre votre raisonnement qui ne s’accorde pas à la logique du scénario.

    Vous faites encore le même genre d’amalgame quand vous dîtes que la question du grand père est diabolique. Non, c’est le sapin qui a pris un air diabolique et le sapin n’est pas le grand père. C’est l’espace des cadeaux qui devient diabolique quand on ne pense qu’à soi.
    Cher Pascal, je pense que vous auriez intérêt à procéder de façon plus rigoureuse.

    Enfin, vos considérations dans votre dernier paragraphe me laissent perplexe. Je ne comprends pas très bien. Allez expliquer ce que vous écrivez à une fillette de six ans ou de dix !
    Je pense qu’il faut avant tout analyser exactement les images avec un esprit neuf, sans y plaquer des connaissances préalables. Si on peut appliquer sur des images des explications données par Jung, alors tant mieux. S’il n’est pas question de Jung, tant mieux aussi. Et si le rêve contredit les idées de Jung, eh bien tant mieux encore. Le rêve nous apprend alors quelque chose de nouveau.
    Le rêve ici est bien plus simple et pédagogique. Il ne parle pas d’individuation, d’union des opposés, de symbole unificateur, il vient tout simplement protéger, éduquer la fillette, personnellement, là où elle en est dans sa vie, là où elle en a besoin, et lui dit :
    « Tu es trop centrée sur toi, tu ne penses qu’aux cadeaux que tu vas recevoir. Mais toi, as-tu pensé aux cadeaux que tu peux offrir aux autres ? Comme les petits lutins, tu pourrais faire quelque chose avec tes mains et ton cœur. C’est ça aussi Noël.»

    Avec l’autorisation de la fillette, j’ai présenté son rêve à ses camarades et je leur ai demandé comment ils le comprenaient. L’aspect « gothique » du rêve les a amusés et certains avaient bien conscience qu’être gâté présente un danger, celui de rendre égoïste. Noël, c’est autant recevoir des cadeaux qu’en offrir, en faisant ce que l’on peut, avec les moyens que l’on a.
    Il me semble que le vrai sens du rêve est là.
    Le rêve a trouvé le moyen de corriger un défaut de la fillette, pour induire en elle une nouvelle attitude, celle de penser et faire plaisir aux autres. Jouer aux petits lutins, c'est cela aussi la joie de Noël.
    Une fois encore on voit ici à l'oeuvre le dynamisme transformateur du rêve vient préparer à de nouveaux comportements plus adaptés.

    Je vous remercie Pascal, de m’avoir donné l’occasion d’échanger avec vous. J’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de vous expliquer mon désaccord.
    Je vous souhaite une joyeuse fin d’année et une belle nouvelle année.

    Christiane

  • Je ne vous tiens pas rigueur, Christiane, d'expliquer votre désaccord, et je vous remercie pour l'attention que vous avez prêtée à mes propos. J'aimerais à mon tour tenter de vous préciser mon point de vue, qu'il soit juste ou erroné :

    "La position du grand père est donc bien qu’il convient de croire au Père Noël." - La position réelle du grand-père, au delà des mots qu'il prononce, est que le Père-Noël n'existe pas, et la fillette l'a sans doute perçu à travers cette question qui suggère tout de même qu'on peut y croire ou ne pas y croire.

    "Le grand père ne se présente pas comme un mécréant et la question n’est pas mécréante. Cependant pour les enfants au dîner ce soir là, ce qui importe ce ne sont ni la croyance au Père Noël ni les cadeaux qu’il apporte, ce qui importe c’est l’activité des petits lutins à la même occasion. Et c’est précisément ce point que reprend le rêve." - Comme vous m'invitez à procéder de façon plus rigoureuse, j'aimerais avoir votre avis, Christiane : pourquoi les lutins enferment-ils le grand-père dans un placard l'empêchant ainsi de défendre la rêveuse lorsqu'elle fait violence au Père Noël ? Le feraient-ils si l'action et la parole du grand-père leur était favorable ?

    "Le vrai problème, il est là : que le père Noël existe ou non, cela ne la tourmente pas, ce qui lui fait peur c’est de ne pas avoir de cadeaux. La petite ne pense qu’à elle et à son plaisir." - C'est sans doute la fin du rêve qui propose la solution au problème après l'avoir exposé : il faut neutraliser le grand-père pour rétablir une situation favorable aux lutins car il ne faut pas que la fillette "tue "le Père Noël. Il faut qu'elle continue à y croire. Au delà de l'aspect consumériste ou mercantile, les cadeaux peuvent également représenter ce que la vie offre sans que nous maîtrisions cette offre. Un enfant perçoit peut-être cette possibilité, croire au Père Noël ne serait-ce pas aussi, même pour un adulte, croire à ce qui peut advenir et nous surprendre, nous faire un cadeau de vie inattendu venant de l'inconnu ? Il est peut-être un peu trop tôt pour que cette fillette abandonne cette croyance au Père Noël des enfants. Le Père Noël, aussi commercial et consumériste qu'il soit devenu aujourd'hui, doit sans doute une part non négligeable de son succès au fait qu'il évoque une réalité qui dépasse sa dimension mercantile.

    "Comment expliquez-vous que ce soit le Père Noël lui même qui vienne donner comme cadeau le fait de ne pas croire en lui ?" - Je n'ai pas dit cela. J'ai dit que le rêve montrait peut-être à la fillette que de ne plus croire au Père Noël (ce qui serait représenté par un Père Noël noir, éteint, sans rayonnement, sans vie) donne le cafard. Un Père Noël en deuil, noir, mort : faire le deuil du Père Noël n'apporte que du cafard, à ce moment de la vie de l'enfant. Cette prise de conscience ne doit pas se faire brutalement, pas avant le temps, car cela créerait une coupure entre l'enfant et les petits lutins de son monde intérieur, mutilant ou freinant sa créativité (au sens large du mot), sa bonne relation avec le monde intérieur et ses richesses, ses ressources.

    "Vous faites encore le même genre d’amalgame quand vous dîtes que la question du grand père est diabolique. Non, c’est le sapin qui a pris un air diabolique et le sapin n’est pas le grand père." - Vous parlez d'amalgame, mais l'exposé de la situation au début du rêve dit que le Diable s'en est mêlé puisque qu'il est précisé que le sapin à un aspect diabolique. Le rêve ayant selon toute vraisemblance été induit chez la fillette par l'écho en elle de la question posée par le grand-père, j'en ai conclu que la question avait sans doute pour la rêveuse un aspect (ou écho en elle) de nature diabolique.

    "Enfin, vos considérations dans votre dernier paragraphe me laissent perplexe. Je ne comprends pas très bien." - En ce temps de Noël où la durée du jour recommence à croître après avoir décru, le sapin au feuillage persistant n'est-il pas le symbole de ce qui persiste au sein de cette alternance d'opposés, le symbole de ce qui unit ces opposés dans sa réalité pérenne d'arbre toujours vert ? C'est pourquoi il me semble qu'un sapin affichant un air diabolique est un symbole perverti, sachant que le Diable est ce qui sépare et désunit. Une enfant qui croit encore au Père Noël, tandis que son domaine conscient rationnel s'est déjà développé, unit en elle les aspects rationnels et irrationnels, elle ne les oppose pas comme le font bien des adultes. Elle est d'une certaine façon engagée sur le chemin de l'in-dividuation (selon l'un des sens de ce mot : non séparation)

    Ne portons-nous pas en nous en notre profondeur, même enfants, l'intuition de la nécessaire conciliation des opposés dont le monde et la vie sont faits ?

    "Allez expliquer ce que vous écrivez à une fillette de six ans ou de dix !", me dites-vous.
    Je n'envisagerais pas d'expliquer ce rêve en ces termes à une enfant de six ou de dix ans. C'est justement pour cela que j'ai précisé que le rêve pouvait le dire à la jeune rêveuse de façon très simple et imagée. Le dire ainsi ce n'est pas en donner à la fillette une explication précise et détaillée. La perception ou la saisie que nous avons d'un rêve ne va-t-elle pas également parfois au-delà de ce que notre aptitude consciente du moment nous permet de saisir, que nous soyons enfants ou adultes. Une saisie intuitive se produit peut-être qui va au delà de la saisie consciente, qui embrasse plus large qu'elle. Les rêves dont nous n'avons aucun souvenir conscient – ils sont sans doute nombreux - ne nous enseignent-t-ils pas malgré tout de façon subliminale. Les rêves ne contiennent-ils pas différents plans ou niveaux de lecture dont le niveau le plus évident n'exclut pas la réalité des autres niveaux ? La rigueur est certes indispensable mais doit-elle exclure toute amplification (dont il faut bien sûr user avec prudence...) ? Je suis d'accord avec vous pour dire qu'il ne faut pas plaquer à toute force des connaissances théoriques sur les rêves et qu'il faut savoir s'éloigner de Jung - ou d'un autre - lorsque le rêve semble tenir un autre langage que celui de Jung ou le contredire. Il me semble toutefois que des niveaux de lecture différents d'un même rêve sont possibles.

    "Avec l’autorisation de la fillette, j’ai présenté son rêve à ses camarades et je leur ai demandé comment ils le comprenaient. L’aspect « gothique » du rêve les a amusés et certains avaient bien conscience qu’être gâté présente un danger, celui de rendre égoïste." Ce qu'en comprennent les petits camarades n'est sans doute pas très important pour l'interprétation. Ce rêve était celui de la fillette, pas le leur.

    Je crois donc que ce rêve tente de compenser le doute né de la question du grand-père (ou soudainement accru par cette question) et de soutenir pour le moment la croyance au Père Noël associé aux lutins, afin qu'une rupture trop brutale ne se produise pas, afin qu'une transition se fasse en douceur et sans faire perdre à la jeune rêveuse le bénéfice de cette croyance qui est un lien entre le rationnel et l'irrationnel.

    Avec mes meilleurs vœux pour la nouvelle année, Christiane
    Pascal

  • Bonsoir Pascal,

    J’ai été très touchée qu’au moment si absorbant des fêtes de fin d’année vous trouviez quand même le temps de me préciser en détails votre point de vue.
    Je me hâte de vous répondre.
    J’ai beaucoup apprécié votre analyse soutenue et logique et la façon dont vous êtes entré dans le rêve pour tenter de le saisir.
    Il est difficile de savoir exactement ce qu’il en est de ce rêve, qui a été reçu il y a plus de 15 ans par une fillette que j’ai perdue de vue depuis fort longtemps. Je ne tenterai donc pas de reprendre vos propos pour vous prouver que les miens seraient meilleurs. Je trouverais cela vain et stérile.

    Je me réjouis sincèrement que vous interveniez de façon dynamique et intéressante sur mon blog. Et j’espère qu’un rêve plus récent vous donnera bientôt l’occasion de venir de nouveau donner votre point de vue.

    Je souhaite que l’année 2012 amène de plus en plus de personnes à s’intéresser aux rêves et à chercher à les comprendre, comme vous l’avez fait, Pascal.
    Je vous souhaite beaucoup de réussite dans votre travail d’interprétation, car interpréter un rêve demande beaucoup, énormément de travail, ce devant quoi vous semblez ne pas reculer. Et je sais que le rêves apprécient qu’on les prenne sérieusement en considération.

    Christiane

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